Les océans chauffent toujours plus vite

Le 11 janvier 2019 par Romain Loury
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Un réchauffement doublé depuis 2005
Un réchauffement doublé depuis 2005

Le réchauffement marin ne cesse de s’accélérer, révèle une étude publiée jeudi 10 janvier dans la revue Science. Depuis 1991, le rythme a même doublé par rapport aux décennies précédentes.

Pour étudier le réchauffement climatique, rien de tel que le milieu marin, dont la température est bien moins sujette aux variations annuelles que celle du milieu terrestre. Les océans mondiaux constituent par ailleurs le plus grands puits du réchauffement, dont ils absorbent 93% de celui lié au gaz à effet de serre d’origine anthropique.

Problème: le réseau de balises Argo n’a été déployé qu’au début des années 2000. Avant cela, les chercheurs recouraient à des bathythermographes, dont la fiabilité et la précision sont sujettes à caution. De ce fait, les observations ne sont pas en phase avec les prévisions du Giec[i], dont les calculs concluaient à un réchauffement marin plus élevé que celui effectivement mesuré.

Accord entre l’observation et la modélisation

Dans leur article, Lijing Cheng, de l’Institut de physique atmosphérique de Pékin, et ses collègues réanalysent quatre études récentes, dont les auteurs ont utilisé de nouvelles méthodes statistiques permettant de gommer les biais de mesure et donc de pouvoir aligner les deux jeux de données. Bilan: ces nouveaux calculs réconcilient températures mesurées et modèles climatiques.

Les résultats confirment que le hiatus climatique, prétendue pause dans le réchauffement observée entre les années 1990 et 2000, n’a jamais existé –au grand désespoir des climatosceptiques, qui y voyaient un argument de poids à l’appui de leurs thèses. Pire, le réchauffement marin semble s’être récemment accéléré.

Un réchauffement doublé

Entre 1971 et 2010, les océans auraient ainsi absorbé un réchauffement compris entre 0,36 et 0,39 Watt par mètre carré –pour rappel, un Watt correspond à une énergie d’un Joule par seconde- sur les 2.000 premiers mètres de profondeur, résultat similaire au 0,39 Watt/m2 prédit par les modèles. Depuis 2005, ce réchauffement est passé à une valeur comprise entre 0,54 et 0,68 W/m2, là aussi de manière concordante avec les modèles (0,68 W/m2).

Selon les chercheurs, un scénario tendanciel (RCP8.5) équivaudrait, pour les 2.000 mètres de surface de l’océan, à une hausse de température de 0,78°C pour la période 2081-2100 par rapport à 1991-2005, soit une hausse de 30 centimètres du niveau marin du seul fait de l’expansion thermique –sans tenir compte de la fonte des glaciers et des pôles. Un scénario plus optimiste (RCP2.6) correspondrait à une élévation de 0,4°C.



[i] Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat

 



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