Les océans, 7e richesse du monde

Le 23 avril 2015 par Stéphanie Senet
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Un patrimoine unique, évalué à 2.500 milliards de dollars
Un patrimoine unique, évalué à 2.500 milliards de dollars

Pour certains, les océans représentent un trésor inestimable. N’empêche: le World Wild Fund a sorti sa calculette et chiffre les bienfaits offerts par ce patrimoine unique à 2.500 milliards de dollars par an, dans un rapport publié ce 23 avril[1].



[1] Rapport réalisé conjointement avec le Global Change Institute de l’université du Queensland et le Boston Consulting Group

 

Difficile de se représenter un chiffre d’affaires de 2.500 milliards de dollars ou 2.320 milliards d’euros. Si c’était le produit intérieur brut, ce serait le 7e du monde, après celui des Etats-Unis[1], de la Chine, du Japon, de l’Allemagne, de la France et de la Grande-Bretagne.

Ce «produit marin brut annuel» quantifie 4 valeurs principales: la production directe des océans (pêche et aquaculture, mangroves, récifs coralliens, herbiers marins), les voies de navigation, la production des littoraux (tourisme) et l’absorption du carbone. En revanche, il ne s’intéresse ni aux revenus issus de l’exploitation pétrolière, gazière ou de l’éolien marin, ni au rôle complet des océans dans la régulation du climat.

Plus largement, le capital océanique serait 10 fois plus important. Soit environ 25.000 Md$.

 

Une santé à préserver

Surtout, ce patrimoine dépend à 70% de sa bonne santé. Et c’est là où le bât blesse. Avec 90% des stocks halieutiques surexploités ou complètement exploités dans le monde, un effondrement de 96% de la population de thon rouge depuis le début de la pêche, et une déforestation des mangroves 3 à 5 fois supérieure à celle des forêts, la richesse des océans s’évapore très vite. Certains dommages peuvent encore être réparés, comme l’acidification des océans. D’autres sont irréparables, comme l’extinction de certaines espèces marines.

«L’océan encourt davantage de risques aujourd’hui qu’à n’importe quel autre moment de notre histoire. Nous prélevons trop de poissons, rejetons trop de polluants, réchauffons et acidifions l’océan au point que les systèmes naturels vont tout simplement s’arrêter de fonctionner», résume Ove Hoegh-Guldberg, l’auteur principal du rapport et directeur du Global Change Institute de l’université du Queensland.

 

Trois priorités en 2015

Ce n’est pas un hasard si le rapport du WWF s’intitule «Raviver l’économie des océans». Ce document énumère, en effet, huit actions à engager au niveau mondial, dont trois en priorité en 2015. A commencer par l’inscription de la reconstitution des actifs océaniques au rang des nouveaux objectifs onusiens de développement durable post-2015, débattus à New York du 15 au 28 septembre prochain. L’objectif 14 graverait dans le marbre «la conservation et l’utilisation de manière durable des océans, des mers et des ressources marines».

Deuxième priorité: s’attaquer au réchauffement et à l’acidification des océans. La recette est connue. Seule une réduction massive des émissions de CO2, qui fera peut-être l’objet d’un accord très attendu à Paris en décembre, permettra de réduire les risques de perturbations.

Enfin, le WWF appelle à plus d’ambition pour protéger efficacement les zones côtières et marines, avec un objectif de 30% d’entre elles en 2030 (contre 10% en 2020).

 

Un fonds mondial

Parmi les autres mesures nécessaires, le rapport insiste sur la fin de la surpêche, la lutte contre la pêche illégale, la création de mécanismes internationaux de gestion durable des océans, d’un fonds mondial, ou d’une plate-forme d’échange des connaissances et des solutions.



[1] 17.400 Md$ de PIB (16.183 Md€)

 



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