Les obligations vertes néerlandaises ont la cote

Le 21 mai 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La Haye a levé près de 6 milliards d'obligations vertes.
La Haye a levé près de 6 milliards d'obligations vertes.
Ben Bender

Les Pays-Bas viennent de lever 6 milliards d’euros de Green Bonds. Le royaume est le premier pays du monde noté ‘triple A’ à financer ainsi ses projets environnementaux.

Encore modeste, le marché international des obligations vertes reste prometteur. Témoin, l’émission de Green Bonds réalisée avec succès ces derniers jours par les Pays-Bas. Escomptant lever entre 4 et 6 Md€, le royaume a finalement émis pour 5,9 Md€ d’obligations sur 21 ans; une offre sursouscrite plus de trois fois, estime HSBC, membre du pool bancaire qui pilotait l’opération.

L'argent ainsi collecté servira à financer la construction de parcs éoliens et de parkings pour les vélos, le renforcement de digues et des travaux d'isolation de logements.

Les investisseurs prenaient, il est vrai, peu de risque. C’est la première fois, en effet, qu’un pays classé triple A[1] levait des capitaux pour financer des investissements environnementaux. A l’origine de la plus grosse émission de Green Bonds, en janvier 2017, la France est classée ‘double A’ par les agences de notation. Moins bien.

Conditions préférentielles

Forte de sa notation maximale, La Haye a pu emprunter à des conditions préférentielles. La prime d'émission de l'emprunt a été négative: «Les Pays-Bas ont donc emprunté moins cher en offrant à l'investisseur moins que ce que ce dernier peut trouver sur le marché secondaire», celui où s'échange la dette déjà émise, indique à l’AFP Frédéric Gabizon (HSBC).

Cette prime d'émission correspond à un rendement en général légèrement supérieur à celui que l'émetteur d'une dette est prêt à verser à l'investisseur pour l'attirer, par rapport au rendement de cette même dette qu'il pourrait obtenir sur le marché secondaire. «Comme la demande pour le vert est extrêmement importante, les investisseurs sont prêts à renoncer à un petit peu de rendement pour pouvoir acquérir des obligations vertes plutôt qu'emprunter sous une forme conventionnelle», poursuit Frédéric Gabizon.

2% du marché mondial

Le coupon (taux d'intérêt annuel) nominal de cet emprunt a été fixé à 0,5% et le rendement effectif –c'est-à-dire l'intérêt annuel que paiera le pays sur l'ensemble du prêt– qui arrive à échéance en juillet 2040, est de 0,557%.

Lancées il y a une dizaine d'années, les émissions d’obligations vertes représentent environ 2% du marché mondial de la dette en 2018 selon HSBC. Mais leur croissance est exponentielle. En 2017, 206 Md$ (184,4 Md€) ont ainsi été levés dans le monde, contre 93 Md$ (83 Md€) l’année précédente, estime l’agence de notation Moody’s.



[1] Le triple A est la meilleure note accordée par une agence de notation à un Etat, une entreprise ou une collectivité. Elle reflète le niveau de risque très faible pris par un investisseur acquérant de la dette émise par une institution classée triple A.

 



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