Les nuages à l’origine du dégel du Groenland

Le 05 avril 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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C'est à la station de Summit Station que les scientifiques ont mené leurs expériences.
C'est à la station de Summit Station que les scientifiques ont mené leurs expériences.
Konrad Steffen, WSL

L’été dernier, l’essentiel de la surface de la couche de glace recouvrant le Groenland avait fondu, à la grande surprise des scientifiques [JDLE].

Le mécanisme à l’origine de cette fusion d’une ampleur inhabituelle vient d’être expliqué par une équipe américano-suisse. En juillet 2012, une fine couche de nuages bas au-dessus de l’inlandsis du Groenland a permis à l’énergie du soleil de réchauffer la surface de la glace tout en piégeant le rayonnement infrarouge près du sol, renforçant ainsi le réchauffement. Cette rare conjonction a joué un rôle déterminant lors du dégel sans précédent de l’été 2012.

Une équipe de scientifiques de l’administration américaine de l’atmosphère et de l’océan (Noaa), des universités du Wisconsin, de l’Idaho et du Colorado ainsi que de l’Institut suisse de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) en explique les mécanismes dans Nature. «Le dégel de juillet 2012 a été provoqué par un afflux d’air anormalement chaud en provenance de l’Amérique du Nord, mais ceci n’a été qu’un des facteurs en cause, constate David Turner, météorologue à la Noaa et co-responsable de l’étude. Dans notre article, nous montrons que des nuages bas contenant de faibles quantités d’eau condensée ont permis d’élever au-dessus de zéro les températures de l’air sur l’inlandsis, et ainsi de faire fondre la glace à sa surface.»

Les nuages peuvent à la fois refroidir la surface de l’inlandsis en renvoyant l’énergie solaire vers l’espace, et la réchauffer en faisant rayonner la chaleur vers le sol. L’équilibre entre ces deux processus dépend de nombreux facteurs tels que la vitesse du vent, la turbulence, l’humidité et l’«épaisseur» des nuages, ou leur teneur en eau liquide.

Dans certaines circonstances, la couche nuageuse peut être assez fine pour laisser passer une partie du rayonnement solaire tout en piégeant le rayonnement infrarouge au niveau du sol. C’est exactement ce qui s’est produit en juillet dernier: les nuages réunissaient les conditions idéales pour réchauffer au maximum la surface de l’inlandsis.

Les scientifiques ont également mis en évidence que ce type de nuages «liquides» à basse altitude se produisait 30 à 50% du temps en été, au-dessus du Groenland et à travers l’Arctique. Les modèles climatiques actuels tendent à surestimer leur fréquence dans l’Arctique, ce qui limite l’aptitude des modèles à prédire quel sera l’impact du changement climatique sur les nuages, et si ces derniers réagiront en réchauffant ou refroidissant la surface terrestre.

Selon Matthew Shupe, météorologue à l’université du Colorado et à la Noaa, «une couche nuageuse plus épaisse n’aurait pas pu réchauffer à ce point la surface de la glace.» Inversement, une couche plus fine n’aurait pas réussi à piéger autant de rayonnement infrarouge. Dans les deux cas, le réchauffement aurait été moindre à la surface de l’inlandsis.



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