Les nouvelles batailles de l’éolien

Le 01 avril 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Objet d’une nouvelle attaque parlementaire, l’éolien rappelle que son développement sera créateur d’emplois.

 

Comme il le fait régulièrement depuis des années, le parlement publie un rapport sur l’énergie éolienne. Un rapport dont les conclusions préliminaires n’ont pas fait l’unanimité au sein de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. Fin mars, le co-rapporteur, le député PS de Gironde Philippe Plisson, avait quitté avec fracas la commission, protestant contre sa philosophie «anti-éolienne». Porté par des députés réputés hostiles aux turbines, comme Patrick Ollier ou Serge Poignant, le rapport parlementaire fait peur au secteur industriel.

 

Il préconise, en effet, d’appliquer aux éoliennes le régime des installations classées pour l’environnement (ICPE). Il suggère, en outre, la mise en place d’un moratoire sur la construction de nouveaux parcs, le temps que soient publiés les décrets d’application des lois Grenelle I et II. Prévoir un délai de plusieurs années. Dans sa version initiale, le document entend obliger les préfets de région à concevoir des «schémas régionaux opposables», hors desquels aucun aérogénérateur ne pourra être construit. Instituées dans les périmètres définis par ces plans régionaux, les zones de développement éolien (ZDE) interdiraient la construction de parcs dont la puissance installée serait inférieure à 15 mégawatts (MW). «Ce qui est paradoxal, alors que les députés veulent, en même temps, protéger les paysages et ménager les oppositions des riverains», s’amuse André Antolini, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER).

 

Last but not least, les parlementaires suggèrent d’imposer aux développeurs le provisionnement dans leurs comptes des sommes nécessaires au démantèlement de leurs installations. Une obligation fréquente dans l’activité du stockage de déchets, mais inédite dans celle des énergies renouvelables (ENR).

 

Présenté comme à «charge», le rapport «Ollier» est apprécié différemment par le gouvernement et les professionnels du vent. «Certaines de ses propositions, comme le classement en ICPE ou la planification territoriale, ne sont pas nouvelles. Cela fait des années qu’elles sont proposées par certains parlementaires», rappelle Michèle Pappalardo, commissaire générale au développement durable.

 

Pour autant, les membres du SER n’oublient pas que la publication du rapport intervient concomitamment ou presque avec la reprise de l’examen du projet de loi Grenelle II, désormais prévue pour le 4 mai. De là à ce que des recommandations se transforment en amendements, il n’y qu’un pas, vite franchi par les défenseurs des moulins à vent.

 

«En France, il faut environ 4 ans entre les premières études et l’obtention des permis définitifs pour exploiter un parc éolien. C’est deux fois plus long que chez nos voisins allemands ou espagnols, se lamente Nicolas Wolff, le président de France Energie Eolienne. Et chaque année, on ajoute une couche de réglementation qui ralentit encore les procédures.»

 

 «Pour tenir les objectifs du Grenelle, nous devons encore installer 15.000 MW à terre d’ici 2020. Cela implique un rythme de 1.500 MW par an. Si les propositions du rapport sont mises en œuvre, nous n’y arriverons jamais», confirme André Antolini. «Le rythme d’installation a tendance à diminuer», confirme Michèle Pappalardo.

 

Confrontés à une défiance, tant parlementaire qu’associative, les professionnels du vent changent de tactique. Des années durant, ils ont plaidé pour une pause réglementaire, seule à même, selon eux, de permettre le développement des turbines dans l’Hexagone. Crise oblige, le SER joue désormais sur la corde de la création d’emplois.

 

En partenariat avec Capgemini Consulting, le lobby des ENR a réalisé une étude sur le potentiel industriel de l’éolien français. Présentés le 31 mars, ses résultats sont modestes, mais encourageants. «Environ 150 entreprises ont fait part de leur intérêt pour la fabrication de l’un des 11 grands composants d’éolienne. Parmi elles, on trouve une demi-douzaine de grands groupes, une vingtaine d’entreprises qui se disent prêtes à se diversifier et deux ou trois PME qui produisent déjà des éléments susceptibles d’être utilisés dans des turbines», résume Emmanuel Gavache, de Capgemini Consulting.

 

A partir de ce gisement, Capgemini Consulting et le SER espèrent bâtir une véritable industrie éolienne tricolore. «A terme, on estime que le potentiel dans les renouvelables françaises pourrait atteindre 50.000 emplois», ajoute Jean-Louis Bal, le directeur des productions et énergies durables de l’Ademe. «A condition, souligne Emmanuel Gavache, que les entreprises aient une visibilité à long terme du marché. Sans cela, il ne sera pas possible de les inciter à se diversifier dans l’éolien.»

 

Télécharger le Rapport :

http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i2398.asp



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