Les nouveaux travailleurs plus vulnérables

Le 05 janvier 2006 par Claire Avignon
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Une étude canadienne confirme que les travailleurs ont plus de risque d'accident de travail dans les premiers mois de leur embauche. Au-delà de ce constat, les chercheurs proposent des pistes pour diminuer ce risque.

Le risque d'un premier accident du travail est 6 fois plus élevé pour les travailleurs occupant leur poste depuis moins d'un mois que pour ceux qui l'occupent depuis un an. Ce résultat, qui porte sur plus de 1.000 équivalents temps-plein, montre que la nouveauté d'un poste est un facteur de risque qui doit être pris en compte en matière de santé au travail de la même manière que l'âge (les travailleurs de 15-19 ans ont plus d'accidents que leurs aînés), et le type de travail (les travaux manuels entraînent plus d'accidents). C'est l'une des conclusions de l'article scientifique de chercheurs de l'université de Toronto paru dans le numéro de janvier de la revue Occupational and environmental medicine.

Historiquement, expliquent les scientifiques canadiens, les études montrent depuis presque un siècle que les employés nouvellement recrutés ont plus d'accidents que les autres employés. Toutefois, ces risques se sont encore aggravés lors des dernières décennies du fait des changements structuraux du marché du travail. «Par exemple, dans les pays développés, la proportion de travailleurs de 16-19 ans qui ont des emplois temporaires a augmenté de 31,1% à 42,2% entre 1983 et 1994, une hausse qui n'a pas été égalée par les autres groupes d'âge.» Deux risques s'additionnent donc: l'âge et la longévité du poste.

Deux phénomènes seraient en cause: la nouveauté de la tâche à accomplir, mais aussi le fait que les employés nouvellement recrutés sont assignés à des travaux plus dangereux. Les scientifiques canadiens recommandent donc que les entreprises développent des formations plus tôt, fassent débuter les travailleurs à des tâches peu dangereuses, et qu'elles réduisent leur turnover. Quant à l'âge, les chercheurs canadiens rejettent une hypothèse avancée qui consiste à lier la hausse du risque d'accident avec des facteurs de développement cognitif, comme la perception pour un adolescent de se sentir invulnérable. «Si de tels facteurs de développement étaient persistants et prédominants, nous nous serions attendus à voir ce risque élevé continuer même en prenant de l'expérience.» Ce qui n'est pas le cas puisque le risque diminue aussi vite chez les 15-19 ans que chez les adultes. Les scientifiques estiment par ailleurs nécessaire de mettre en place une surveillance spécifique de ce risque.




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