Les norovirus voyagent en aérosol

Le 16 mai 2012 par Romain Loury
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Gare à la gastro-entérite.
Gare à la gastro-entérite.

Les norovirus, premiers responsables de gastro-entérites, peuvent contaminer des surfaces via des aérosols, sans aucun contact direct avec la personne malade, démontre une étude américaine publiée dans le Journal of Infectious Diseases (JID).

Très contagieux, les norovirus n’ont besoin que de 18 particules virales pour infecter l’homme. En évolution constante, ce qui leur permet d’échapper facilement au système immunitaire, ce sont des «pathogènes humains parfaits», estime même Aron Hall, des centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), dans un éditorial.

Cette puissante capacité d’infection, les norovirus viennent d’en apporter une nouvelle preuve au sein d’une équipe junior féminine de football originaire de l’Oregon, lors d’un tournoi organisé en octobre 2010 dans l’Etat de Washington. Parmi ces 17 filles de 13-14 ans et leurs 4 accompagnateurs sont survenues 7 gastro-entérites, série ayant donné du fil à retordre aux épidémiologistes.

Tombée malade un samedi soir dans l’hôtel hébergeant l’équipe, une première jeune fille, probablement infectée les jours précédents, a été raccompagnée chez elle le dimanche matin par une adulte -qu’elle a contaminée au passage. Les norovirus étant transmis par voie féco-orale, il n’y a donc eu aucun contact direct entre elle et ses 6 co-équipières tombées malades les jours suivants.

Après enquête, les chercheurs ont découvert que c’était un sac de courses réutilisable, dans lequel les adolescentes ont pioché leur déjeuner du dimanche midi, qui était responsable de la propagation virale. Or la première jeune fille n’a jamais touché ce sac: il était seulement stocké dans la salle de bains de l’accompagnatrice, pièce dans laquelle la malheureuse a vomi le samedi soir.

«Dans un premier temps, nous ne savions pas comment ces maladies étaient connectées: ce n’est que lorsque nous avons appris la présence du sac dans la salle de bains que nous est apparue une histoire cohérente», expliquent Kimberly Repp et William Keene, de l’université de médecine de Portland (Oregon).

Une «histoire cohérente», et qui suggère fortement la contamination d’objets par des aérosols, pas seulement par contact manuel comme on le pensait jusqu’alors. «Cette étude démontre non seulement que les norovirus peuvent être transmis via des aérosols à des fomites [objets contaminés par des pathogènes, ndlr] sans contact direct, mais aussi que l’exposition à ces fomites peut entraîner la maladie», commente Aron Hall.

En l’attente d’un vaccin contre les norovirus, actuellement en cours de développement [JDLE], il faut prendre toutes les précautions possibles contre des pathogènes aussi contagieux: nettoyer les surfaces en contact avec le vomi et les excréments du malade, mais aussi tous les objets environnants, conseillent les auteurs.



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