Les nitrates résistent aux réglementations

Le 23 septembre 2009 par Sonia Pignet
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Dans les années 1980 ont émergé les premières politiques publiques sur l’azote, qui se sont renforcées et diversifiées depuis 2000. Pourtant, les nitrates restent une importante source de pollution. Les premières informations récoltées par l’Europe sur l’application de la directive Nitrates montrent d’ailleurs qu’encore 30% des cours d’eau ont subi une dégradation entre 2004 et 2007.

Que ce soit pour les eaux souterraines ou les eaux superficielles le ratio est le même: la qualité de 70% de ces volumes d’eau est restée stable ou s’est améliorée entre 2004 et 2007, tandis que 30% ont connu une dégradation en termes de pollution aux nitrates. Environ 15% des points de surveillance présentent en moyenne annuelle une concentration en nitrates supérieure à 50 mg par litre, le seuil de pollution. C’est ce qu’a révélé mardi 22 septembre Luisa Samarelli, de la Direction générale Environnement de la Commission européenne, lors d’une journée Nitrates organisée par les chambres d’agriculture. Pour les détails par pays, il faudra attendre le début de l’année 2010 avec la publication du rapport définitif. Des données longues à collecter, car chaque Etat membre a opté pour une méthodologie différente, notamment en ce qui concerne l’eutrophisation. De plus, l’application de la directive Nitrate diffère beaucoup d’un pays à l’autre.

Ainsi, certains pays, comme l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, ou encore la Finlande ont choisi de définir comme zone vulnérable l’ensemble de leur territoire, la Suède a instauré une taxe azote sur les fertilisants, le seuil de pollution ou de menace de pollution n’est pas identique dans toute l’Europe, 7 pays sur les 27 bénéficient de dérogations pour l’épandage d’azote d’effluents d’élevage, etc. «Et seulement un ou deux pays ont évalué l’impact financier des mesures prises dans le cadre de cette directive», a indiqué Luisa Samarelli.
A ces difficultés, s’ajoute la directive-cadre sur l’eau (DCE), qui est devenue la directive mère de la directive Nitrates, et qui demande aux Etats membres de l’UE de mettre en place des programmes de surveillance sans toutefois avoir encore précisé s’ils se superposeront ou intégreront ceux de la directive Nitrates. Cette dernière va donc connaître à nouveau quelques modifications.

Pour Jean-François Piquot, porte-parole de l’association Eaux et Rivières de Bretagne, que 30% des cours d’eau aient une qualité en baisse ne l’étonne pas. «Les algues vertes nous donnent une idée du mauvais état des cours d’eau.» Cependant, il dénonce le mode de calcul français, estimant qu’on «raisonne sur des chiffres virtuels». D’une part, parce que la moyenne annuelle n’est pas représentative de la qualité des cours d’eau (il faudrait connaître le flux de nitrates), et d’autre part parce que les retombées d’ammoniac ne sont pas prises en compte dans les émissions d’azote animales. Or, «la volatilisation représente 30% pour les bovins et porcins, et entre 40 et 60% pour les volailles», indique-t-il.


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