Les néonicotinoïdes bannis temporairement d’Europe au 1er décembre 2013

Le 24 mai 2013 par Marine Jobert
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Les vendeurs de pesticides et les agriculteurs ont 6 mois pour liquider leurs stocks de produits.
Les vendeurs de pesticides et les agriculteurs ont 6 mois pour liquider leurs stocks de produits.
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La Commission européenne a confirmé, ce 24 mai, sa décision de restreindre pendant deux années, à partir du 1er décembre, l’usage de trois pesticides délétères pour les abeilles et les pollinisateurs. Faute d’accord entre les Etats, la Commission avait tranché d’autorité le mois dernier et annoncé le retrait temporaire de ces néonicotinoïdes pour certaines cultures [JDLE].

 

Ces interdictions s’appliquent pour les semences enrobées, les micro-granules (traitement du sol), la pulvérisation (traitement foliaire) –y compris les céréales (à l’exception des céréales d’hiver) sur les cultures qu’affectionnent les abeilles. A savoir le colza, le maïs, le tournesol et le coton. Lorsqu’ils sont effectués sous serre ou en plein champ après la floraison, ces traitements restent toutefois autorisés et ce, même pour les cultures qui attirent les abeilles. Enfin, les usages qui restent autorisés ne sont désormais accessibles qu’aux professionnels. Il appartient désormais aux Etat de retirer ou de modifier les autorisations existantes pour se conformer aux restrictions de l’Union d’ici le 30 septembre 2013. Les stocks de clothianidine, d’imidaclopride et de thiamétoxam peuvent être écoulés jusqu’au 30 novembre au plus tard, si l’Etat l’autorise.

 

Il y a un mois, le commissaire européen chargé de la politique de la santé et des consommateurs, Tonio Borg, promettait de «faire tout ce qui était en [son] pouvoir pour garantir la protection de notre population d’abeilles». L’interdiction temporaire des néonicotinoïdes, si elle signifie que l’Union européenne consent désormais à considérer la dangerosité de ces pesticides, est toutefois perçue comme une mesure inaboutie par les apiculteurs. Car ces pesticides sont très persistants dans l’environnement. La demi-vie[1] de la clothianidine dans le sol a été mesurée entre 148 et 6.900 jours par l'agence américaine de protection de l'environnement. «En France, c’est un tiers des céréales à paille qui sont traitées avec les néonicotinoïdes, alors que ces mêmes cultures sont utilisées en rotation avec du tournesol, très attractif pour les abeilles», rappelait le mois dernier Olivier Belval, le président de Union nationale de l’apiculture française (Unaf). L’imidaclopride, par exemple, peut être absorbée jusqu'à deux ans après la première utilisation par des cultures non traitées et être toxique pour les abeilles.

 

«Une interdiction complète de tous les néonicotinoïdes est essentielle pour empêcher l’effondrement de nos colonies d’abeilles, car seule cette interdiction totale mettra fin à l’exposition des insectes non ciblés à ces composés systémiques qui restent dans le sol et parviennent dans le nectar et le pollen au fil des années», déclare l’eurodéputé écologiste Sandrine Bélier.

 

Les producteurs de pesticides, eux, ne désarment pas. Monsanto organise un «Bee Summit» en juin, Bayer s’apprête à créer un «Bee Care Center» en Caroline du Nord pendant que Syngenta distribue des bourses pour financer des études sur les causes du déclin des abeilles aux Etats-Unis (notamment l’université d’Etat de l'Iowa et de l’Ohio et un groupe agricole canadien, selon l’agence Reuters).

 

C’est dans ce contexte polémique qu’une étude publiée dans l’Ecology Letter par l’université de Leeds (Grande-Bretagne) et le Naturalis Biodiversity Centre de Leiden (Pays-Bas) souligne que le déclin des insectes pollinisateurs et des plantes sauvages s’est ralenti ces dernières années, par rapport à la période 1950-1980, en Grande-Bretagne, Belgique et aux Pays-Bas. Les résultats sont très hétérogènes selon le type d’insecte observé.

 

 


[1] Il s’agit du temps mis par une substance (molécule, médicament ou autres) pour perdre la moitié de son activité pharmacologique ou physiologique.

 

 



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