Les néonicotinoïdes, au bout du rouleau européen?

Le 25 novembre 2016 par Romain Loury
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Une toxicité toujours plus avérée
Une toxicité toujours plus avérée
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Mauvaise passe pour les néonicotinoïdes: objets d’un moratoire européen partiel depuis fin 2013, deux d’entre eux se sont vus offrir, mi-novembre, des avis défavorables de l’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) pour les usages encore autorisés. Outre-Atlantique, le Canada pourrait interdire l’imidaclopride.

Suite aux conclusions de l’Efsa confirmant la toxicité de ces produits sur les pollinisateurs, la Commission européenne a émis en 2013 un moratoire de deux ans sur trois de ces substances, à savoir la clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame. Ce moratoire, qui s’est théoriquement achevé en décembre 2015, est en cours de révision au niveau européen.

Cette suspension ne concernait toutefois que certains usages: interdiction du traitement des semences et des sols pour les cultures attractives pour les abeilles (sauf cultures sous serre et céréales d’hiver), interdiction des traitements foliaires pour les cultures qui attirent ces insectes (à l’exception des cultures sous serre ou après floraison).

Or pour deux d’entre eux, à savoir la clothianidine et l’imidaclopride (commercialisés par Bayer), plusieurs de ces usages, dont les céréales d’hiver, posent aussi des risques élevés, ou ne pouvant être écartés, en termes de toxicité pour les pollinisateurs dont les abeilles et les bourdons, confirment deux avis publiés par l’Efsa. Reste à publier le rapport sur le thiamétoxame, qui pourrait livrer des résultats similaires.

Vers une interdiction totale?

Alors que le moratoire européen, initialement d’une durée de deux ans (2013-15), est en cours de révision, ces nouveaux résultats pourraient mener à une interdiction totale. Ce que demande l’association Pesticide Action Network (PAN) Europe, selon qui ces produits sont «proches de la fin». En France, la loi sur la biodiversité, publiée en août, prévoit leur interdiction en septembre 2018, avec des dérogations possibles jusqu’en septembre 2020.

Les néonicotinoïdes sont aussi en difficulté au Canada: mercredi 23 novembre, l’agence Health Canada a jugé, dans un avis soumis à consultation, que l’usage de l’imidaclopride n’était pas «soutenable», en raison de sa toxicité pour les insectes et la faune aquatique. L’effet sur les abeilles n’est pas mentionné, faisant l’objet d’un rapport distinct.



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