Les navires français équipés d’un système anti-collision avec les cétacés

Le 18 octobre 2016 par Marine Jobert
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Une queue de cétacé abimée.
Une queue de cétacé abimée.
@Thetys Research Institute

Importante cause de mortalité, les collisions entre navires et cétacés peuvent être diminuées grâce à un dispositif de localisation. Un décret vient en fixer les conditions de généralisation à la flotte tricolore.

Le trafic maritime n’a jamais été aussi dense (+4% par an pour le commerce et +10% pour le tourisme), avec pour corollaire une augmentation du nombre de collisions avec les grands cétacés. C’est pour diminuer leur nombre que la loi sur la biodiversité d’août 2016 prévoit la généralisation, pour les navires battant pavillon français, de dispositifs de partage des positions des cétacés. L’objectif est de réduire le plus possible ces rencontres inopportunes dans deux zones sur lesquelles la France a la main: les sanctuaires marins Pelagos (Méditerranée) et Agoa (Antilles) (voir encadré). Dans le seul sanctuaire Pelagos, une mortalité de 8 à 40 rorquals communs par an est observée, ce qui représente la première cause de mortalité non naturelle, sans compter les blessures.

Comment fonctionnent ces dispositifs? Les navires, équipés d’un ordinateur et d’un logiciel dédiés, identifient les mammifères marins et établissent alors un message d’observation (nom et position du navire, distance et gisement de l’animal, espèce et nombre d’individus…) qui est transmis en temps quasi réel, par satellite, à un serveur situé à terre. Ce dernier centralise les données et diffuse les alertes aux autres navires équipés du système sur zone. Ceux-ci peuvent alors diminuer leur vitesse pour éviter toute collision. Parallèlement, toutes ces informations sont mises à disposition des scientifiques et permettent ainsi d’enrichir progressivement les connaissances sur la présence et la distribution des cétacés.

10 navigations par an

Un décret vient d’être mis en consultation, qui précise que ne sont pas concernés par la mesure les seuls navires qui auront effectué moins de 10 navigations au cours de l’année civile précédente dans le périmètre de l'une ou l’autre des aires marines protégées. Toute sortie en mer au départ ou à l'arrivée d'un port situé dans ce périmètre, ainsi que tout passage ou mouillage dans ce périmètre, même sans escale dans un port situé dans celui-ci, sont considérés comme des navigations dans le périmètre.

Partage d’informations en temps réel

Il appartient à l’autorité administrative compétente d’établir la liste des dispositifs de partage des positions en temps réel. Ainsi, par exemple, du système Repcet, un outil informatique et collaboratif constitué d’un réseau de compagnies maritimes impliquées dans la protection des mammifères marins. Il permet le partage en temps réel des positions connues de baleines sur les routes de navigation, grâce à une communication satellite (voir encadré).

 

S’étendant sur 87.500 kilomètres carrés en mer Méditerranée, le sanctuaire Pelagos vise à protéger les cétacés qu’il abrite (12 espèces dont des cachalots, rorquals communs et dauphins) grâce à une collaboration entre la France, l’Italie et la principauté de Monaco. Avec un statut juridique à part puisque cette Aire spécialement protégée d’importance méditerranéenne (Aspim) relève de la convention de Barcelone mais n’est pas une Aire marine protégée (AMP).
D’une superficie de 143.256 km2 –soit la totalité de la superficie de la Zone économique exclusive (ZEE) des Antilles françaises- Agoa est la première aire marine protégée (AMP) de statut international ‘zone spécialement protégée de la convention de Carthagène’, dont l’Agence des aires marines protégées assure la gestion directe.


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