Les navires en fin de vie considérés comme déchets

Le 02 novembre 2004 par Loïc Chauveau
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La Convention de Bâle vient de décider que les navires partant au rebut étaient des déchets et non des volumes d'acier à recycler. Une victoire pour les pays en voie de développement.

La septième rencontre des 163 Etats membres de la Convention de Bâle a ajouté une catégorie supplémentaire à la liste des déchets dangereux dont le trafic transfrontière est soit interdit, soit limité. Les navires partant au rebut ne peuvent plus être considérés comme de l'acier à recycler. Il s'agit de déchets contenant des produits toxiques. Les bateaux recèlent en effet de l'amiante, des hydrocarbures et des produits chimiques toxiques. Avec la décision de la Convention de Bâle, les épaves devront être dépolluées avant d'être désossées.



La question du recyclage des navires n'a cessé d'agiter l'année 2004. Le convoyage de deux vieux navires de guerre américains à travers l'océan Atlantique pour être détruits en Grande-Bretagne a provoqué un tollé international. Les Etats-Unis ont été accusés de se débarrasser en Europe de bâtiments chargés de produits toxiques. La justice britannique a interdit l'opération. La fin de vie du porte-avions français Clémenceau a également été chaotique. Dans un premier temps, le ministère français de la Défense avait vendu le bâtiment à un chantier spécialisé espagnol. Mais une fois en Méditerranée, le navire a pris la direction de la Turquie, pays où les règlements européens de traitement des déchets dangereux ne s'appliquent pas. Là encore, la France a dû rapatrier son bateau. Celui-ci est en cours de démentelement dans un chantier français.



Le recyclage de l'acier des navires est une spécialité des pays en voie de développement qui y trouvent une source importante de revenus. Le Pakistan, le Bangladesh, l'Inde, mais aussi certains pays africains comme le Nigéria sont devenus l'escale finale de ces navires fantômes. Ces navires arrivent sur des chantiers mal équipés où les conditions de travail sont dangereuses et pénibles. Les produits toxiques sont enlevés par des ouvriers mal protégés et stockés sans précaution. Les risques environnementaux sont extrêmement importants.



L'Organisation maritime internationale (OMI) se préoccupe de la question sans pouvoir la résoudre. La décision prise à Genève le 29 octobre devrait donc accélerer l'émergence d'une règlementation qui n'arrange pas les armateurs puisque le coût de démantelement des navires devrait fortement augmenter. Les négociations vont débuter très vite. L'OMI accueillera cinq représentants des Etats membres de la Convention de Bâle le 15 février 2005 à son siège de Londres. L'Organisation internationale du travail (OIT) y dépêchera ses spécialistes sur les conditions de travail. L'OMI a déjà désigné les cinq Etats qui négocieront avec les représentants de la Convention de Bâle. Il s'agit du Bangladesh, des Etats-Unis, du Japon, de la Norvège et des Pays-Bas. Un règlement international devrait être adopté lors de la huitième réunion des parties de la Convention de Bâle en 2006.




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