Les nappes souterraines menacées d’assèchement dès 2050

Le 16 décembre 2016 par Stéphanie Senet
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Principaux responsables: l'irrigation, l'industrie et la production d'eau potable
Principaux responsables: l'irrigation, l'industrie et la production d'eau potable

Les eaux souterraines pourraient être totalement asséchées dans plusieurs régions d’Inde, d’Europe du Sud et d’Amérique du Nord dès 2050, selon une nouvelle étude présentée le 15 décembre à l’occasion du colloque de l’union géophysique américaine[1].



[1] Ce colloque se tient du 12 au 16 décembre à San Francisco.

 

 

Les ressources en eau manqueront, entre 2040 et 2060, dans le bassin du Gange, le sud de l’Espagne et en Italie, à cause des prélèvements croissants imposés par l’agriculture, l’industrie et la consommation d’eau potable. Aux Etats-Unis, les nappes du sud des grandes plaines devraient aussi atteindre leurs limites entre 2050 et 2070, alors qu’elles approvisionnent le Texas, l’Oklahoma et le Nouveau-Mexique. Ces conclusions ressortent d’une nouvelle modélisation des eaux souterraines, la première à une échelle aussi précise au niveau régional. Jusque-là, les études s’étaient focalisées sur les plus grands aquifères au monde. Selon un rapport onusien, 20% des ressources souterraines sont déjà surexploitées. 

 

Un cinquième de la population mondiale

«Au total, environ 1,8 milliard de personnes vivront en 2050 dans des zones où les eaux souterraines seront partiellement ou totalement épuisées à cause des pompages excessifs», met en garde Inge de Graaf, hydrologue à l’école des mines du Colorado. Soit un cinquième de la population mondiale estimée dans 15 ans[1]. Pour le chercheur, il est donc impératif de se pencher précisément sur les limites des ressources en eau pour éviter le pire.

 

L’irrigation, première menace

Cette nouvelle modélisation se base sur la structure des nappes aquifères, les volumes d’eau prélevés et les interactions entre les eaux souterraines et de surface. Elle montre que les zones les plus menacées sont les régions fortement irriguées aux climats les plus secs, comme les grandes plaines américaines, le sud de l’Europe, mais aussi une partie de l’Argentine et de l’Australie.

 

A quelle vitesse?

Importants, les travaux d’Inge de Graaf et des chercheurs de l’université néerlandaise d’Utrecht ne précisent pas pour autant les volumes disponibles dans les nappes souterraines au niveau mondial, par manque de données sur les capacités de stockage. «Nous ne savons pas combien d’eau elles contiennent ni à quelle vitesse nous pouvons la prélever sans causer d’effets dévastateurs, comme l’assèchement total de lacs ou de rivières», affirme l’hydrologue américain. Une chose est sûre, il est temps de réduire la cadence, alors que le réchauffement climatique va accroître les sécheresses dans des zones déjà arides. «Nous pouvons éviter une grave pénurie d’ici 2030 si l’on change radicalement la façon dont l’eau est utilisée et gérée, et partagée», conclut le chercheur.



[1] La Terre devrait compter 9,8 milliards d’habitants en 2050.

 



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