Les nappes phréatiques mondialement à la baisse

Le 02 janvier 2012 par Geneviève De Lacour
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Evaluer précisément l’état des aquifères qui alimentent les villes et les campagnes? Un rêve pour tout hydrogéologue.

Lorsqu’un pays, comme la Chine, vient à manquer d’un bon réseau de puits de contrôle, difficile alors de savoir si les eaux souterraines sont surexploitées ou non.

Initiée en 2002, la mission Grace pour Gravity recovery and Climate experiment, une mission conjointe entre la Nasa américaine et le German Aerospace Center, a permis d’évaluer le niveau des nappes souterraines dans le monde entier en réalisant chaque mois un instantané de l’état des aquifères.

Ainsi les scientifiques californiens et allemands ont réussi à montrer que les nappes souterraines ne cessent de baisser en Argentine, dans l’ouest de l’Australie et en partie aux Etats-Unis. Le déclin est particulièrement important dans certaines parties de la Californie, en Inde, au Proche-Orient et en Chine, là où l’agriculture en pleine croissance accentue la demande sur les ressources souterraines. Le niveau d’eau chuterait particulièrement dans tous les grands aquifères situés en zones arides ou semi-arides.

Les hydrologues californiens du centre de modélisation hydrologique de l’université d’Irving ont utilisé un équivalent moderne des baguettes de sourcier. Il s’agit d’une paire de petits satellites, surnommés Tom et Jerry, particulièrement sensibles aux variations de gravité souterraines. Le système Grace est surtout performant dans les zones de la planète où les réseaux piézométriques sont absents. La Chine, par exemple, a souvent tendance à sous-estimer sa consommation d’eau profonde. Ainsi les mesures réalisées par Tom et Jerry ont réussi à mettre en évidence que le niveau d’eau diminue régulièrement de 6 ou 7 centimètres par an dans les plaines du nord-est de la Chine.

Dans les plaines de Patagonie en Argentine ou dans le sud-est des Etats-Unis, deux régions particulièrement affectées par la sécheresse, la baisse constatée est directement liée aux variations climatiques. Les déficits de précipitation n’ont pas permis d’atteindre les recharges habituelles des nappes phréatiques. Autre conséquence de la réduction des nappes, dans la vallée centrale de la Californie, depuis plusieurs dizaines d’années les sols ont tendance à s’effondrer. En cause, les innombrables puits qui pompent des millions de mètres cubes d’eau pour alimenter cette zone agricole représentant 1/6e de la surface des terres irriguées du pays.

L’agriculture demeure ainsi le premier, et principal, facteur de l’effondrement des aquifères. Dans le nord de l’Inde, les activités agricoles sont en plein boom et pompent chaque année l’équivalent de 7 millions de piscines olympiques pour l’irrigation. Au Proche et au Moyen-Orient, le déficit est encore plus sévère et certains pays de la péninsule arabique n’hésitent pas à pomper dans les nappes fossiles, celles qui mettent des milliers d’années à se recharger.

Pour résumer les 9 années de travail de Tom et Jerry: à l’échelle mondiale, la consommation d’eau souterraine ne cesse de croître, et cette augmentation est toujours plus rapide que la recharge naturelle des aquifères.

 


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