Les nappes d’eau souterraine bientôt à sec ?

Le 16 août 2010 par Célia Fontaine
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Une note d’information du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) publiée le 13 août fait le point sur les niveaux des nappes d’eau souterraine en France. Au 1er août 2010, seulement un tiers des réservoirs affichent un niveau normal.

Après 5 années de déficit pluviométrique, en particulier sur l’ensemble du Bassin parisien et dans le Roussillon, les nappes souterraines « présentent des niveaux inférieurs, voire très inférieurs, à la normale »[1], avertit le BRGM. Sur l’ensemble des points observés, le niveau des nappes fin juillet était en baisse relative pour 87 % d'entre elles, en hausse pour 3 %, et stable pour 10 %.

Seulement 30 millimètres de précipitations ont été observés au mois de juillet sur la majeure partie du Bassin aquitain. C’est également le cas sur une large bande allant du golfe du Morbihan et de la Vendée à la côte d’Opale (cumuls inférieurs à 15 mm de l’Anjou au Perche). La pluviométrie mensuelle est également très faible sur la bordure méditerranéenne, la Corse, le sud des Alpes, la basse vallée du Rhône et les grands Causses.

Les contextes aquifères[2] qui s’en sortent le mieux (avec des niveaux parfois excédentaires) sont la plaine de Valence, de l’Alsace, de l’est du Languedoc-Roussillon et de la région Paca. Dans cette région, les pluies excessives du mois de juin ont contribué à recharger les nappes, très réactives.

L’état de remplissage des aquifères est donc assez contrasté, relève l’étude. Il est inférieur à la moyenne pour 64 % d’entre eux, égal à la moyenne pour 23 % et supérieur à la moyenne pour les 13 % restant.

Si les eaux souterraines sont présentes dans les nappes sur les deux tiers du territoire (on compte en France environ 200 aquifères importants et 6.300 petits), pas moins de 7 milliards de mètres cubes sont puisés par an, dont 50 % pour l'eau potable. 65 % couvrent les besoins domestiques, 20 % les besoins agricoles (irrigation), et 25 % des besoins industriels (non compris les prélèvements des centrales nucléaires). Outre le fait que les niveaux des nappes baissent, la qualité des eaux souterraines est également en train de se dégrader, en particulier celles qui sont proches de la surface.

« En France, l’industrie est responsable d’environ la moitié des rejets de polluants organiques (l’autre partie étant d’origine domestique) et de presque la totalité des rejets de métaux lourds », rappelle le ministère de l’écologie. Sur 1.963 points d’observation de la qualité des eaux souterraines, 14 % des stations présentent au moins une substance dont la concentration moyenne en 2007 est supérieure à la norme de qualité correspondante. 3,8 % des stations ne respectent pas les normes de qualité, tant pour la concentration totale en pesticides que par substance.

 

Etude du BRGM

[1] Nappe du Pliocène du Roussillon, nappe de Beauce, nappe des Calcaires de Champigny, nappes de la Craie

[2] L’aquifère est la formation géologique (couche de terrain ou roche) perméable et poreuse qui contient la nappe d'eau souterraine



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