Les nanoparticules perturbent l'absorption du fer

Le 13 février 2012 par Geneviève De Lacour
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

De plus en plus de nanoparticules sont absorbées via l’alimentation ou les médicaments. Connaître l’impact de cette absorption dans l’organisme attire la curiosité des chercheurs.

Ainsi des poulets exposés à des nanoparticules voient leurs capacités à absorber du fer diminuer. C’est le résultat d’une étude menée par une équipe de scientifiques de l’université de Cornell aux Etats-Unis et publiée le 12 février par la revue Nature Nanotechnology.

Les nanoparticules de polystyrène de 50 nanomètres de diamètre encapsulant les médicaments ou absorbées via l'alimentation peuvent en effet modifier l'absorption du fer par l'intestin, voire l’absorption de certaines vitamines.

Exposés à de hautes doses, les poulets voient leur taux d’absorption du fer diminuer. Mais lorsque l’exposition à ces particules devient chronique, les villosités intestinales des poulets se remodèlent, accroissant la surface interne de l'intestin, ce qui permet de compenser la plus faible absorption par centimètre carré.

«Les poulets, tout comme les cellules utilisées pour des tests in vitro, sont destinés à modéliser le système intestinal humain. Les doses ont été adaptées pour mimer une exposition potentielle chez l'homme», soulignent les chercheurs.

«D'une surface totale de 200 mètres carrés (ou 2 millions de cm2), notre intestin grêle peut être exposé à 10 millions de nanoparticules par cm2», selon les scientifiques.

Dans les pays développés, une personne pourrait consommer quotidiennement plus de mille milliards de particules artificielles d'un diamètre allant d'un micron à quelques nanomètres, relèvent-ils, en se référant à des travaux publiés en 2002.

Si un homme pesant 70 kg prend un médicament qui lui fournit 0,02 mg de nanoparticules de polystyrène par kilo, la dose arrivant dans son intestin grêle correspondra à 10 millions de nanoparticules par cm2, expliquent les auteurs de l'étude. Des doses nettement plus élevées ont aussi été prises en compte par l'équipe américaine.

Les nanoparticules de polystyrène utilisées pour ces expériences sont généralement considérées comme non toxiques, soulignent les chercheurs. Cependant, les résultats laissent entrevoir la possibilité d'une réaction chronique, nuisible, mais difficile à détecter.

D'autres éléments comme le calcium, le cuivre, le zinc ou certaines vitamines liposolubles (A, D, E, K) pourraient également voir leur absorption intestinale modifiée.

Les études sur une éventuelle toxicité des nanoparticules s'avèrent d'autant plus complexes qu'à l'échelle de quelques dizaines de nanomètres la matière acquiert des propriétés nouvelles, qui peuvent varier en fonction de la forme ou de la surface de contact des particules concernées.

 

 

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus