Les nano argent favorisent-ils l’antibiorésistance?

Le 13 décembre 2013 par Marine Jobert
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Le pictogramme de l'INRS pour signaler la présence de nanoparticules.
Le pictogramme de l'INRS pour signaler la présence de nanoparticules.
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La Commission européenne lance une consultation publique, à l’occasion d’un rapport préliminaire rendu par le Comité scientifique des risques sanitaires émergents et nouveaux sur les nano argent et leurs effets sur la sûreté, la santé et l’environnement, et leur rôle dans la résistance aux antimicrobiens.

 

Deux questions se posaient. Primo, évaluer si l’usage de nano argent dans les soins médicaux et dans les produits de consommation courante pose des risques additionnels en comparaison des usages plus classiques de l’argent. Deuxio, savoir si l’utilisation de nano argent pour contrôler le développement bactérien peut engendrer une résistance chez les micro-organismes. La question de l’antibiorésistance n’est pas une mince affaire, comme le souligne l’Organisation mondiale de la santé, puisque les micro-organismes résistants (bactéries, champignons, virus et certains parasites) «peuvent résister à l’attaque des antimicrobiens tels que les antibiotiques, les antifongiques, les antiviraux et les antipaludéens, de sorte que les traitements classiques deviennent inefficaces et que les infections persistent et que le risque de propagation est accru».

 

Dans son rapport préliminaire, le Comité scientifique conclut que la généralisation (et la forte croissance) de l’usage de produits contenant de l’argent implique bien des expositions nouvelles, tant pour les consommateurs que pour l’environnement. Les premiers y sont confrontés par l’alimentation, les contacts entre les mains et la bouche via les poussières et la peau; le second, à travers le sol, l’eau et les sédiments, fait office de sources ionisées d’argent (dont la forte écotoxicité, même à faible dose, est établie pour les organismes aquatiques). Autant de situations qui n’ont pas été étudiées sur le long terme et encore moins dans les proportions atteintes suite à la dissémination des particules en cours. Une étude récemment publiée dans Environmental Sciences Europe avait mis en évidence qu’une bactérie essentielle dans le cycle de l’azote se trouvait inhibée après un contact assez court avec des nanoparticules d’argent et que la taille de la plupart des populations microbiennes chutait.

 

La question des risques d’antibiorésistance générés par l’utilisation de nano argent n’a pas non plus été étudiée, constate le Comité scientifique, «ce qui constitue un important trou dans nos connaissances». Mais les effets d’autres nanoparticules sur l’émergence d’une antibiorésistance sont connus, «qui encouragent à lancer des études sur les nano argent», estime le Comité scientifique.

 

Les commentaires sont ouverts jusqu’au 2 février 2014. En ce qui concerne la France, 500.000 tonnes de nanoparticules sont fabriquées, importées et distribuées sur notre territoire; mais le premier recensement publié récemment ne mentionne rien concernant les nano argent.



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