Les moules de la braderie de Lille ont des relents de plastique

Le 02 septembre 2013 par Marine Jobert
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Les tas de moules, confites de plastique, s'entassent dans les rues.
Les tas de moules, confites de plastique, s'entassent dans les rues.

Costaud, l’estomac des Bradeux... A Lille, entre 400 et 500 tonnes de moules ont régalé ceux qui ont brocanté tout le week-end. A leur insu, entre deux frites, ils ont aussi ingéré quelque 150 millions de fragments de plastique. «Un véritable record de polymérisation humaine», ironise «Méditerranée en danger». En extrapolant les travaux du professeur Colin Janssen, écotoxicologue à l'université de Gand, l’association a calculé qu’un gramme de chair de moule contenait entre un et deux fragments de plastique, correspondant en moyenne à 300 fragments de plastique par portion de 300 gr de chair de moule[1].?

 

Organismes filtreurs

«Les moules sont des organismes filtrant l'eau de mer, de 20 à 25 litre d'eau de mer par jour», précise Colin Janssen, cité par l’association. «Dans l'eau se trouvent de très petites particules de plastique de moins d'un millimètre de long. Ces microparticules sont filtrées et ingérées par les moules. Ce qu'on à découvert, c'est qu'elles se retrouvent à l'intérieur des coquilles, mais aussi dans la chair même des moules.»

 

La Manche très polluée

La pollution des mers et des océans par les déchets plastique commence à être bien documentée. Dans le Pacifique Sud, on a trouvé du plastique dans près d’1 poisson sur 10. En 2011, l’Ifremer[2] et l’université de Liège estimaient à environ 250 milliards le nombre de micro-fragments de plastique flottant dans la Méditerranée. En début d’année, une étude menée par l’université de Plymouth (Grande-Bretagne) mettait en évidence qu’un tiers des poissons attrapés dans la Manche sont contaminés par du plastique. C’est d’ailleurs de là que provient la plupart des moules consommées à la braderie de Lille.

 

Viscose et pollution chimique

Outre les impacts sur la faune (système digestif des poissons bloqué par les débris ou fausse sensation de satiété), les impacts sur la santé humaine sont redoutés. Car les particules de plastique ont tendance à accumuler les substances persistantes toxiques comme les polychlorobiphényles (PCB), le dichlorodiphényltrichloroéthane (DDT) et les polybromodiphényléther (PBDE), ou encore le bisphénol A, que les prédateurs concentrent davantage encore. La source principale de contamination des poissons et des mollusques serait la rayonne ou viscose, une matière synthétique très utilisée dans l’habillement, les meubles, les serviettes hygiéniques et dans les produits ménagers. Les bouteilles, les sacs en plastique, ainsi que les gommages ou les savons à base de micro-billes, fournissent également leur lot de pollution.

 



[1] On considère en moyenne que la chair d’une moule représente 30% de son poids total (chair, coquille et liquide présent dans la moule).?L’association a calculé de la façon suivante: 500 tonnes de moules consommées x 30% de chair = 150 t de chair = 150 millions de gr de chair = 150 millions de fragments de plastique.

[2] Ifremer: Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer

 

 



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