Les moisissures, nouvelle préoccupation en air intérieur

Le 06 décembre 2007 par Claire Avignon
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moisissure
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De récents travaux montrent qu’environ 4 logements français sur 10 sont contaminés par des moisissures. Ces dernières s’ajoutent donc aux nombreux autres problèmes (formaldéhyde, benzène, radon) de pollution de l’air intérieur.

Considéré comme l'ennemi n°1 de la qualité de l'air intérieur en Amérique et Europe du nord, les moisissures ont fait l'objet de très peu de travaux en France. Ces organismes porteurs de spores pénètrent dans un logement (par le système de ventilation, par les ouvertures naturelles, ou encore via les personnes, les animaux, et les plantes), puis se déposent sur les matériaux. Les habitants inhalent alors les composés organiques volatils (Cov) rejetés par les moisissures, ce qui peut entraîner une irritation des muqueuses, une rhinite, mais aussi, plus grave, une crise d'asthme, une hypersensibilité pulmonaire, ou une infection toxique.

Les résultats de l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur sur la présence de ces champignons dans les logements étaient donc très attendus. Et malheureusement, «ils montrent que la France n'est pas une exception», selon Séverine Kirchner, responsable scientifique de l'observatoire, et qu'elle est autant exposée que les pays (Etats-Unis, Allemagne, etc.) qui avaient déjà mené ce type d'enquête.

Le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) a commencé par mettre au point un indice de contamination fongique qui permet de déterminer la présence de moisissures même lorsqu'elles ne sont pas visibles. «En basant l'indice sur la présence de composés Cov spécifiques du développement fongique, nous pouvons repérer les contaminations cachées (sous les revêtements de sol, par exemple) et ce, dès le deuxième jour de développement», a expliqué Stéphane Moularat, chercheur au CSTB, lors du colloque de l'OQAI, le 28 novembre.

L'indice (breveté) a été appliqué à la campagne de mesures des logements français (1), sur 496 logements. Un examen visuel a été réalisé en parallèle. 27% étaient contaminés sans moisissures visibles, 10% contaminés avec des moisissures visibles, et 5% non contaminés selon l'indicateur mais avec des moisissures visibles. Ce dernier résultat peut s'expliquer de deux manières: «Les Cov mesurent le développement, pas la présence. Il peut donc y avoir des traces de moisissures, mais dont le développement a cessé. Par ailleurs, les enquêteurs qui ont repéré les tâches peuvent les avoir confondues avec des taches d'humidité, par exemple», précise Stéphane Moularat. En tout, les moisissures seraient donc présentes dans environ 40% des logements français.

La forte humidité, liée à des infiltrations d'eau, un dégât des eaux récent ou la présence de gouttelettes d'eau sur les murs, est un facteur important: 63% des logements contaminés présentent aussi une forte humidité, mais le taux tombe à 30% pour les logements non contaminés. Les autres facteurs n'ont pas encore été analysés par le CSTB. Mais des les causes seraient liées à la situation socio-économique des habitants, le type de chauffage, ou encore la ventilation. «Un certain rapport entre carbone et azote semble favoriser le développement fongique, mais ces deux éléments ont de nombreuses sources d'émissions, ce qui rend difficile l'identification de la contamination», indique seulement Stéphane Moularat.

Quelle va être l'action des pouvoirs publics, maintenant qu'une photographie précise a montré l'importance de la contamination des logements français? Les chercheurs ne le savent pas. «Si l'aspect sanitaire ne les fait pas réagir, peut-être l'aspect économique sera-t-il plus convaincant, analyse Stéphane Moularat. En effet, des travaux américains montrent que la destruction des structures des logements par les moisissures coûte très cher.»



(1) Voir l'article du JDLE «Pollution de l'air des logements: la situation s'éclaire»




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