Les milieux dégradés récupèrent aussi bien tout seuls

Le 09 mars 2018 par Romain Loury
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Les prairies récupèrent plus vite
Les prairies récupèrent plus vite
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La restauration des milieux dégradés les fait-elle remonter la pente mieux et plus vite? Pas forcément, révèle une étude américaine publiée dans les Proceedings of the Royal Society B. Dans la plupart des cas, la nature semble capable de remonter la pente aussi vite, qu’elle soit aidée ou non par l’homme.

 

Qu’il s’agisse de rivières polluées, de prairies converties à l’agriculture ou de forêts décimées par la coupe de bois, les milieux dégradés peuvent dans la plupart des cas retrouver leur état quasi-initial, une fois que les dégâts ont cessé. Parfois, l’homme y contribue activement, par des opérations de restauration.

Holly Jones, biologiste à l’université de North Illinois à DeKalb, et ses collègues se sont interrogés sur la dynamique des milieux dégradés, cherchant à savoir si certains récupèrent mieux que d’autres, et dans quelle mesure il est vraiment utile de les y aider. Pour cela, ils ont mené une méta-analyse sur près de 400 études publiées, analysant plusieurs critères, dont la biodiversité, au fil du temps.

Les forêts, mieux mais moins vite

Premier constat: les milieux terrestres récupèrent mieux, mais moins vite, que les milieux aquatiques. Ainsi, les forêts et les prairies atteignent un niveau plus élevé de récupération, à savoir plus proche de leur état initial (sans toutefois l’atteindre) que les lacs et les rivières. A l’inverse, les milieux aquatiques (eau douce, littoral) récupèrent à plus grande vitesse, que ce soit après la démolition d’un barrage ou suite à une marée noire.

La nature aussi efficace toute seule

Or dans tous les cas, les chercheurs montrent que le rythme et le niveau de récupération ne changent pas selon que l’homme y ait contribué ou non. Corollaire: laisser faire la nature est tout aussi efficace que la main humaine, un résultat que les chercheurs, qui peinent à se l’expliquer, reconnaissent comme «contre-intuitif».

Selon eux, il est possible que l’homme choisisse de restaurer les sites les plus dégradés, laissant la nature se charger des moins abîmés. Leurs résultats s’expliqueraient donc par un biais de sélection, classique dans les études statistiques, et qui se traduirait donc par des vitesses similaires dans les deux cas.

Mieux cibler les efforts

Au vu des sommes engagées dans la restauration des milieux dégradés, l’équipe propose toutefois de mieux cibler les efforts. Par exemple, en laissant tout d’abord faire la nature, et n’agir que pour lever des blocages, s’il s’avère que le milieu semble dans l’impasse.

«Quand cela est faisable, la restauration passive devrait être envisagée en priorité. La nature n’a peut-être pas besoin de beaucoup d’aide, une fois qu’on a arrêté de la dégrader. Et si elle récupère trop lentement, c’est alors que des opérations de restauration active pourrait être mises en place pour lever les écueils», explique Holly Jones.

La conservation en premier lieu

Avant la restauration, il y a la conservation des zones qui ne sont pas encore (trop) dégradées. «Les écosystèmes endommagés récupèrent rarement de manière complète, et la conservation des écosystèmes intacts est cruciale pour freiner la perte de biodiversité, ainsi que les services écosystémiques, tels qu’une eau propre, un air sain et les médicaments que les plantes pourraient nous apporter», ajoute la chercheuse.



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