Les métropoles (re)prennent le développement durable au sérieux

Le 18 octobre 2010 par Célia Fontaine
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Une étude portant sur « Le développement durable dans les grandes villes et agglomérations en 2010 » a été publiée le 14 octobre par l’agence de notation extra-financière BMJ Ratings, en partenariat avec l’Association des maires de grandes villes de France (AMGVF) et le Comité 21.

D’avril à juillet 2010, les pratiques innovantes et exemplaires[1] de 32 grandes villes et agglomérations françaises (11 millions d’habitants) ont été passées au crible.

« Les principaux enseignements portent essentiellement sur les actions locales relatives aux dispositions de la loi Grenelle II et en particulier sur les politiques énergétiques territoriales », précise BMJ Ratings dans un communiqué.

Pour preuve, 68 % des grandes villes et agglomérations interrogées déclarent avoir lancé un plan Climat-Energie territorial ou PCET. La loi Grenelle II prévoit que d’ici la fin 2012, les régions, départements, communes et groupements de communes de plus de 50.000 habitants devront s’être engagés dans cette démarche. A cet effet, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a mis à disposition des collectivités concernées un centre de ressources en ligne (http://www.pcet-ademe.fr/) et son Observatoire permettant d’identifier les PCET déjà existants en France. A ce jour, plus de 200 collectivités et territoires se sont volontairement engagés dans un PCET.

La majorité des collectivités (87 %) déclarent avoir réalisé un bilan des émissions de gaz à effet de serre (GES) ou un bilan énergétique[2]. Parmi celles-ci, 67 % ont fait appel à l’outil « Bilan Carbone » de l’Ademe, 63 % à une autre forme d’audit énergétique et 48 % à une thermographie aérienne.

Il ressort également de l’enquête que les métropoles régionales soutiennent principalement la filière solaire - thermique et/ou photovoltaïque – (83 %). Viennent ensuite la filière bois (67 %), la biomasse (58 %) et l’éolien (33 %). La biomasse est surtout utilisée dans les réseaux de chauffage urbain, et les énergies renouvelables de manière générale dans les nouveaux réseaux de chaleur ou dans les clauses de reconduction des délégations de service public.

En ce qui concerne la performance énergétique, « 50 % des villes et agglomérations interrogées précisent que les équipements construits sur leur territoire [patrimoine de la collectivité, ndlr] sont du niveau Bâtiment basse consommation. Afin d’anticiper une réglementation encore plus ambitieuse (bâtiments à énergie positive (Bepos) à l’horizon 2020), 19 % déclarent s’être déjà fixé la production de bâtiments à énergie passive et 12 % des bâtiments à énergie positive.

Au chapitre aménagement du territoire, il ressort que de plus en plus d’éco-quartiers devraient voir le jour en France : 60 % des grandes villes et agglomérations affirment avoir un projet en cours ou à venir. Il n’était que temps, les collectivités françaises sont en retard par rapport à leurs voisines européennes. En Allemagne, en Suède ou en Grande-Bretagne, de tels quartiers ont vu le jour il y a déjà une quinzaine d’années. L’enquête relève néanmoins une grande hétérogénéité des projets, quant à la surface concernée (de 1,8 à 600 hectares), le nombre d’habitants et de logements prévus (de 110 à 10.000 logements), ou l’implantation géographique (rénovation urbaine, friches réhabilitées, nouveaux quartiers).

« Sur le plan de la gouvernance, 59 % des collectivités sondées déclarent s’être engagées dans une démarche d’Agenda 21 local. » Mais il faut préciser que cet engagement remonte pour la majorité des collectivités à la période 2003-2006.

Pour mémoire, l’Agenda 21 se traduit par un programme d'actions visant à améliorer la qualité de vie des habitants, économiser les ressources naturelles et renforcer l'attractivité du territoire. Il est porté par la collectivité et mené en concertation avec tous ses acteurs (élus et personnels, habitants, associations, entreprises, structures déconcentrées de l'Etat, réseaux de l'éducation et de la recherche...). Sont concernées les politiques de l’habitat, du transport, de l’énergie et de l’emploi.

Dans le domaine des déchets, « plus de 9 collectivités sur 10 ont créé des déchetteries, la même proportion (93 %) menant des actions en faveur du compostage, près des trois quarts (74 %) ont développé une valorisation énergétique par la mise en place de réseaux de chaleur ». La création ou le soutien des recycleries ressourceries[3] se développent (56 % des réponses). Seule la production d’énergie par méthanisation des déchets est minoritaire (19 %).

La promotion du compostage est un champ d’action « de plus en plus investigué par les collectivités », révèle l’étude. Les actions en la matière sont principalement ciblées vers les habitations individuelles, la mise en place de composteurs pour les habitations collectives restant une action minoritaire (42 %).

Enfin, la biodiversité, sujet d’actualité avec l’ouverture aujourd’hui 18 octobre du sommet de Nagoya, est un sujet qui touche fortement les collectivités. L’enquête révèle que 81 % des sondées affirment avoir procédé à un inventaire de la faune et de la flore sur leur territoire, 44 % précisent avoir réalisé un diagnostic, mais seulement 30 % affirment avoir mis en place un observatoire de la biodiversité.

 

Lien vers l’étude 


 

[1] dans 5 domaines : gouvernance, environnement, cohésion sociale, développement économique, aménagement de l’espace et du bâti.

[2] Ces bilans prennent en compte à la fois les émissions directes et indirectes de GES. Un décret d’application de la loi Grenelle II actuellement en cours de rédaction viendra préciser comment réaliser ces bilans.

[3] Ressourceries et recycleries sont des établissements qui récoltent certains types de déchets (électroménager, meubles, vêtements,…) pour les remettre en état et les vendre à des prix très bas.

 



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