Les membranes s’imposent dans les stations d’épuration

Le 02 décembre 2004 par Loïc Chauveau
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Le mode de traitement par membranes qui trouve généralement application en matière d'eaux usées industrielles s’impose progressivement dans les stations d’épuration des eaux usées urbaines. Les gestionnaires doivent, en effet, obéir à des normes de rejet de plus en plus sévères.

Dans le domaine de l'eau, le succès des membranes est fulgurant. Cantonnée pendant des décennies au seul domaine industriel en raison de son coût, cette technologie est devenue banale dans les usines d'eau potable. Désormais, c'est dans les stations d'épuration qu'elles vont s'imposer. Ces barrières poreuses en polymères filtrent les micro-organismes d'une taille d'un micron. Elles retiennent ainsi les virus et bactéries susceptibles d'être pathogènes. Dans l'industrie, c'est leur faculté à retenir métaux lourds et charges organiques qui justifie leur succès.

Dans le domaine de l'eau potable, la détection de risques pour la santé humaine générés par des germes comme le cryptosporidium ont incité à utiliser les membranes: «Ce traitement intervient généralement en complément de procédés classiques, après clarification, élimination de la matière organique et ozonification, a exposé Véronique Bonnelye, ingénieur chez Degremont (Suez Environnement). Une membrane ne résout pas tous les problèmes mais optimise une filière.» En France, la première unité d'eau potable utilisant des membranes a été inaugurée en 1989. Elle traitait 70 litres par jour (l/j). Aujourd'hui, le pays compte une cinquantaine d'usines dont certaines produisent plus de 100.000 l/j.

L'extension de la technologie aux stations d'épuration est principalement due aux exigences croissantes en matière de rejet dans le milieu naturel: «Les normes ne s'intéressent plus seulement aux matières oxydables, aux matières azotées et au phosphore, détaille Antoine Monteil, directeur scientifique à la Société anonyme de gestion des eaux de Paris (SAGEP). On s'inquiète aujourd'hui de la dispersion dans le milieu naturel de virus, bactéries et protozoaires susceptibles de perturber le milieu naturel. Et l'on retrouve dans les rivières des résidus de médicaments et de détergents qu'il va falloir éliminer.»

Ces nouvelles exigences sont renforcées par l'utilisation accrue des eaux issues du traitement. Les activités traditionnelles de loisirs (baignades, pêche) et la conchyliculture ne sont plus les seuls secteurs pouvant être perturbés par des résidus non traités : «De plus en plus, ces eaux vont être réutilisées en agriculture, poursuit Antoine Monteil. Nous avons déjà des contraintes d'usage. Ainsi, on ne peut arroser des cultures maraîchères et fruitières avec des eaux traitées. Ces contraintes vont se renforcer.»

Dans les prochaines années se multiplieront les colonnes de membranes à l'émissaire des bassins de traitement biologique. Début novembre 2004, le gouvernement hollandais a imposé aux traiteurs d'eau de rechercher systématiquement la présence de cryptosporidium à la sortie des stations d'épuration. Pour les gestionnaires de station d'épuration, c'est le premier signe que les exigences vont encore se renforcer.


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