Les marsouins malades des PCB

Le 23 juillet 2015 par Romain Loury
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Marsouin commun
Marsouin commun
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Bien qu’interdits depuis les années 1980, les PCB continuent à empoisonner les océans. Notamment au Royaume-Uni, où une étude publiée mercredi 22 juillet dans la revue PLoS ONE révèle qu’ils seraient responsables de la très faible fécondité des marsouins, dont 40% des femelles présentent des troubles de la reproduction.

Le phénomène avait déjà été observé lors de précédentes études: les marsouins communs (Phocoena phocoena) peuplant les côtes européennes de l’océan Atlantique présentent une faible fécondité par rapport à ceux vivant dans d’autres eaux. Une situation qui pourrait être lié aux PCB, composants d’appareils électroniques et de peintures interdits dans les années 1980, mais qui continuent à imprégner l’environnement.

L’équipe de Paul Jepson, de la Société zoologique de Londres, a analysé 329 cadavres de marsouins femelles échoués sur les côtes britanniques entre 1990 et 2012. La présence de PCB dans leur graisse était directement liée à leur statut gestationnel: celles en cours de lactation ou de grossesse en présentaient un taux de 6 à 7 mg/kg, contre 18,5 mg/kg chez les autres.

Sur l’ensemble des femelles, 19,7% présentaient des signes d’échec reproductif (morts nés, avortement spontané, etc.), tandis que 16,5% souffraient d’infections ou de tumeurs des organes génitaux, entraînant une incapacité à se reproduire.

La moitié au-dessus du seuil de toxicité

Pour les chercheurs, le résultat n’a rien d’étonnant au vu de la forte imprégnation de ces cétacés: 47% des femelles dépassaient le seuil au-delà duquel les PCB engendrent des effets sanitaires chez les mammifères marins. «Des échecs reproductifs seraient survenus chez environ 40% des femelles de notre étude. Les PCB pourraient avoir réduit les chances de survie du fœtus ou du nouveau-né, un fait déjà observé chez d’autres mammifères», explique Sinéad Murphy.

Selon Paul Jepson, «les PCB ont été interdits du Royaume-Uni en 1981, mais leur concentration dans la graisse des marsouins britanniques n’a cessé de diminuer que vers 1998. Ces taux demeurent encore élevés, et pourraient continuer à entraîner bien des effets négatifs sur la santé et la reproduction». D’autant que les jeunes cétacés qui parviennent à naître sont à leur tour fortement contaminés lors de l’allaitement.

Lente à se dissiper, la pollution chimique n’épargne aucune espèce marine: en mars, une étude menée au large de la Loire-Atlantique a mis au jour un poisson intersexué dans les grands fonds, en-dessous de 700 mètres, une première à de telles profondeurs. Et de nombreux poissons présentaient des lésions au niveau du foie, organe où s’accumulent les composés toxiques (voir le JDLE).



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