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Les marottes des candidats

Le 28 février 2020 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La qualité de l'air : un sujet qui infuse.
La qualité de l'air : un sujet qui infuse.
VLDT

Vélo, déminéralisation des villes et qualité de l’air sont au programme de moult candidats aux municipales de 2020.

A chaque élection municipale, ses sujets de prédilection. En 2014, la sécurité était la thématique la plus reprise sur les tracts des candidats. Pas un édile qui ne promettait l’installation prochaine d’un système de vidéo surveillance. Les temps ont changé. Dans nombre d’agglomérations, le développement de l’usage du vélo est le sujet qui revient fréquemment dans les meetings. A Paris, Anne Hidalgo, candidate à sa succession, veut créer une ville «100% vélo». A Lyon, Gérard Colomb, initiateur du Velo'v (premier vélo municipal partagé en France) veut offrir à la petite reine un genre de périphérique. Même à Montpellier, régulièrement classée en queue de peloton des cités cyclables, le maire, Philippe Saurel, promet désormais de consacrer 80 M€ en 10 ans à la construction de pistes cyclables et de parkings à vélo. Une vraie vélorution pour l'ancien adjoint de Georges Frêche !

170.000 arbres en 6 ans

La déminéralisation de la ville est un autre thème montant de cette campagne. Il a plusieurs interprétations, selon les candidats. Très en forme, la socialiste parisienne Anne Hidalgo promet de planter 170.000 arbres au cours de la prochaine mandature. Ce qui imposera au service des parcs et jardins de la ville de planter 18 fois plus d’arbres qu’aujourd’hui. A condition de trouver de la place disponible dans le sol parisien, déjà très encombré de canalisations, de câbles.

A Bordeaux, l’écologiste Pierre Hurmic veut tourner la page des années de promotions immobilières initie par l’ancien maire, Alain Juppé. La tête de liste «Bordeaux Respire» milite ainsi pour le zéro artificialisation des sols et jure, s’il est élu, réserver aux piétons et aux cyclistes «50% de tous aménagements urbains.» Le candidat EELV à la mairie de Marseille, Sébastien Barles, veut verdir la mythique Canebière et préserver les espaces verts.

protéger les vignobles

A Montpellier, Philippe Saurel (ex-PS) propose de rendre inconstructible le tiers du territoire de la métropole. Territoire qui correspond, peu ou prou, aux surfaces occupés par les vignobles. Qu’importe, l’idée est louable. L’inoxydable maire (PS) de Lille, Martine Aubry, veut végétaliser les façades de la capitale de la Flandre. Plus audacieuse, la maire (PS) de Nantes, Joanna Rolland imagine créer 150 îlots de fraîcheur: un outil efficace pour réduire la température urbaine en période de canicule.

La qualité de l’air n’est pas absente des débats. A Strasbourg, les socialistes ont lancé la création d’une zone à faible émission (ZFE), certes pour 2025. A Toulouse, Jean-Luc Moudenc promet de réduire la pollution de l’air urbain, grâce à la mise en service d’une nouvelle ligne de métro, d’un téléphérique urbain et d’une … ZFE. A Marseille, les prétendants au fauteuil occupé depuis 1995 par Jean-Claude Gaudin annoncent la fin des fumées noires des navires. Notamment grâce à une accélération du programme en cours d’installation des prises électriques alimentant les navires à quai. A quelques encablures du Vieux port, à Fos, les écologistes n’ont trouvé personne pour constituer une liste. Trop de Fosséens travaillent dans les aciéries, raffineries et usines chimiques qui polluent l’air local et l’étang de Berre. Seule bonne nouvelle : le ministère de la Santé va créer un registre des cancers sur le territoire de l'Etang de Berre.