Les «marées noires» se multiplient dans les eaux intérieures

Le 09 mars 2011 par Célia Fontaine
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Les marées noires dans les eaux intérieures françaises sont en augmentation, alerte Robin des bois. Dans son nouvel atlas des marées noires[1], l’association fait le point sur la situation des «rus, ruisseaux, rivières, fleuves, lacs, étangs et canaux pollués par le fioul, le gazole, les camions, la négligence, le vieillissement des citernes, des canalisations et des pipelines... ».

Malgré le Grenelle de l’environnement et le Grenelle de la mer, les pollutions par hydrocarbures s’amplifient, peut-on constater à la lecture des 69 pages de l’atlas qui couvre la période 2008-2010. 643 pollutions ont été constatées sur cette période, contre 561 pour la période 2004-2007. Leurs effets sur l’environnement sont connus: engluement de la faune, longue dégradation de l’habitat et bioaccumulation de micropolluants toxiques et persistants comme les métaux lourds et les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).

Or «l’inventaire, la mémorisation, la centralisation et la prise en considération environnementale et pénale de ces pollutions de tous les jours stagnent et même régressent», selon Robin des bois.

La première cause identifiée de ces pollutions, ce sont les accidents de poids lourds. «Aujourd’hui, le bloc moteur d’un camion contient 50 litres d’huile et ses réservoirs 1.200 litres de gazole; ils sont exposés et vulnérables aux mauvaises manœuvres, aux accrochages et aux chocs», explique l’association. Vient ensuite le problème de la maintenance dégradée, la vétusté, ou l’abandon des cuves à fioul de chauffage. Malgré le surcoût du fioul et des carburants, les négligences sont encore nombreuses. «Les pollutions causées par des inondations, notamment par la faute des cuves à fioul désarrimées, font une apparition significative», notent les auteurs.

Les pollutions par hydrocarbures d’origine industrielle n’arrivent qu’en troisième position dans le classement des responsabilités. «Ce recul pourrait correspondre à la désindustrialisation et être malheureusement compensé par la tendance à l’augmentation des pollutions en provenance des friches industrielles et sites pollués», analysent les auteurs de l’atlas.

Tandis que les pollutions d’origine agricole –vidanges intempestives des cuves à fioul ou à gazole–augmentent sensiblement, il y a de plus en plus de dégazages en provenance des bateaux de tourisme fluvial. De même, l’atlas rapporte une augmentation sensible des pollutions consécutives aux Travaux publics. Là encore, «il s’agit dans la plupart des cas d’une mauvaise maintenance des engins et d’une mauvaise connaissance de l’environnement, ce qui aboutit à des agressions de canalisation».

 



[1] Dans le cadre de cet inventaire, les hydrocarbures regroupent le pétrole brut, les combustibles, les carburants, les huiles, les lubrifiants et les solvants produits par l’industrie pétrochimique. Des produits usagés assimilables à des déchets, comme les huiles de vidange et les huiles minérales de transformateurs, sont aussi mentionnées. Elles peuvent contenir des traces de PCB et autres polluants organiques persistants (POP).



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