Les mangroves, victimes imminentes des barrages

Le 15 octobre 2015 par Romain Loury
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Mangrove en Thaïlande
Mangrove en Thaïlande
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En Asie, de nombreuses mangroves pourraient être menacées d’ici la fin du siècle par la montée du niveau de la mer, selon une étude publiée mercredi 14 octobre dans Nature. En cause, les barrages fluviaux, qui réduisent l’afflux de sédiments nécessaires à leur élévation.

Face à la montée des mers qui découle du réchauffement climatique, les mangroves n’ont d’autre choix que de s’élever: se livre ainsi une course contre la montre, où l’arrivée des sédiments fluviaux, dans certains cas la décomposition des racines (comme dans les atolls caribéens), leur permet de rester à flot.

Or nombre de mangroves, notamment en Asie, perdent rapidement de leur avance, comme le révèle l’étude publiée par Catherine Lovelock, de l’université du Queensland à Brisbane (Australie). En comparant la montée du niveau de la mer à l’élévation du sol soutenant les mangroves, les chercheurs ont découvert que pour 69% des 27 sites étudiés dans la zone indopacifique, c’est la mer qui l’emportera sur les mangroves à plus ou moins court terme.

Risque élevé en Indonésie et Thaïlande

Parmi les mangroves les plus à risque, celles de Thaïlande, de Sumatra, de Java, de Papouasie-Nouvelle-Guinée et des îles Salomon, qui pourraient disparaître d’ici 2070. Leur point commun: une faible amplitude de marée. Situées dans la zone entre le niveau moyen de la mer et celui de la marée haute, elles disposent d’une très faible marge pour passer sous le niveau de la mer, parfois de seulement un demi-mètre, ce qui leur serait fatal.

Autre cause, l’afflux de sédiments s’épuise du fait des barrages construits par l’homme: en Thaïlande, ceux bâtis sur le fleuve Chao Praya l’ont réduit de 80%, et plusieurs projets devraient voir le jour sur le Mékong. Selon les chercheurs, il n’est pas évident que les mangroves puissent se reconstituer à l’arrière, où les terres sont rapidement occupées par les habitations humaines, l’agriculture et les digues anti-inondations.

La situation semble meilleure pour les mangroves où l’amplitude de marées est plus forte, et l’arrivée de sédiments suffisante. Parmi elles, celles d’Afrique de l’est, de la baie du Bengale, de l’est de Bornéo et du nord-ouest de l’Australie. Selon les chercheurs, elles pourraient rester dans la course au moins plusieurs millénaires.



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