Les maladies vectorielles explosent aux Etats-Unis

Le 03 mai 2018 par Romain Loury
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Les tiques progressent
Les tiques progressent
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L’incidence de maladies vectorielles, liées à des piqûres de moustiques ou de tiques, a triplé depuis 2004 aux Etats-Unis, selon une analyse publiée mardi 1er mai par les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Parmi les causes les plus probables, le réchauffement climatique.

 

C’est l’une des conséquences sanitaires les plus à craindre des changements en cours: la recrudescence de maladies émergentes, ou réémergentes, rendues possibles d’une part par la mondialisation des échanges (et des insectes vecteurs de maladies), d’autre part par le réchauffement climatique, qui favorise l’implantation des vecteurs.

Un triplement en 12 ans

Le phénomène est déjà largement à l’œuvre, si l’on en croit les résultats publiés mardi 1er mai par les CDC: en charge de la surveillance sanitaire aux Etats-Unis, l’institut d’Atlanta (Géorgie) a mené une analyse sur les plus de 640.000 cas de maladies vectorielles recensés entre 2004 et 2016 dans le pays. Bilan: leur incidence a triplé depuis 2004, passant de 27.388 cas en 2004 à 96.075 cas en 2016.

La maladie de Lyme en tête

Cette hausse est en grande partie due aux maladies liées aux piqûres de tiques (75% des cas sur les 48 Etats continentaux), dont 82% sont des cas de maladie de Lyme -due à la bactérie Borrelia burgdorferi. Si cette maladie abonde au nord-est des Etats-Unis, elle ne cesse de s’étendre aux autres Etats, dont aucun n’est désormais épargné.

La maladie de Lyme présente une progression très inquiétante: de 19.804 cas recensés en 2004, on en comptait 39.429 cas en 2016. Plus rares, d’autres maladies liées aux tiques sont aussi en nette expansion, en particulier l’anaplasmose (875 cas en 2004, 5.750 cas en 2016), la rickettsiose (1.713 cas en 2004, 4.269 cas en 2016) et la tularémie (134 cas en 2004, 230 cas en 2016).

Epidémies liées à des moustiques

Quant aux maladies transmises par les moustiques, leur répartition est plus hétérogène, sous forme de flambées épidémiques. La plus courante est celle due au virus du Nil occidental (West Nile Virus, WNV), dont la principale épidémie au cours de la période est survenue en 2012 au Texas.

Les autres maladies liées à des moustiques, à savoir la dengue, le chikungunya et le zika, ont principalement touché Puerto Rico et, pour les Etats continentaux, les voyageurs de retour d’Amérique latine. Des cas sporadiques de transmission autochtone (dus à une piqûre de moustique contaminé aux Etats-Unis) sont toutefois survenus en Floride, au Texas et à Hawaii.

La peste frappe encore

Seule maladie liée à des puces transmise aux Etats-Unis, la peste ne touche que quelques personnes par an, principalement dans le sud-ouest du pays: quatre cas ont été recensés en 2016, le maximum remontant à 2006 (17 cas).

Lors d’une conférence de presse de présentation de ces résultats, les responsables des CDC ont directement pointé le rôle du changement climatique en cours. En particulier pour le virus du Nil occidental, dont le nombre de cas s’élève lors de vagues de chaleur, et qui paraît en effet en hausse sur la période.

Mieux prévenir

Dans un communiqué de réaction, la société savante américaine des maladies infectieuses (IDSA) s’inquiète de ces résultats, notant que les Etats-Unis sont peu préparés à ce phénomène. «Nous prions le Congrès d’accroître les financements pour la surveillance et la prévention des maladies vectorielles, en particulier pour soutenir la recherche. Il faut aussi mieux étudier l’impact du changement climatique sur la progression de ces maladies, afin de protéger au mieux la santé publique», déclare le président de l’IDSA, Paul Auwaerter.



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