Les malades du tourisme médical

Le 12 août 2010 par Thérèse Rosset
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Une « super-bactérie » très résistante aux antibiotiques, provenant d’Inde, pourrait s’étendre dans le monde entier, révèle une étude publiée le 11 août dans le Lancet Infectious Diseases, basé au Royaume-Uni. En cause, l’essor du trafic international.

Dénommée New Dehli metallico-beta-lactamase 1, ou NDM-1, cette enzyme a été décelée, avec certitude, chez des patients d’Asie du Sud et de Grande-Bretagne. Elle présente la caractéristique d’une très grande résistance aux antibiotiques, y compris à ceux réservés au traitement des souches multi-résistantes. Seules la tigécycline et la colistine semblent encore avoir un impact sur la nouvelle venue. Le NDM-1 cause des infections urinaires, affecte les poumons et facilite l’infection des plaies.

Au total, 180 individus porteurs de la super-bactérie ont été identifiés, dont 44 à Madras (sud de l’Inde), 26 dans l’Etat d’Haryana (nord du pays), 37 au Royaume-Uni et 73 dans d’autres site d’Inde et du Pakistan. A la suite de la publication de l’étude, les Etats-Unis ont déclaré avoir déjà eu 3 cas isolés sur leur territoire.

La présence de NDM-1 en dehors de son « foyer » initial s’explique par l’essor du « tourisme médical » et les voyages à l’international. De plus en plus d’Occidentaux vont se faire soigner dans les pays à faibles coûts médicaux, comme l’Inde. D’où le danger d’une explosion épidémique rapide. Interrogé par Le Figaro, le professeur Patrice Nordmann, chef du service Bactériologie et virologie au Kremlin-Bicêtre (Paris) et directeur de l'unité Inserm 914 Mécanismes émergents de résistances aux antibiotiques, estime que des cas « probables » en France sont en cours d’examen.

« La NDM- 1 a de grandes chances de devenir un problème de santé publique mondiale », avertissent les 32 scientifiques, signataires de l’étude. Les autorités anglaises avaient déjà détecté quelques cas en 2009 et publié un avis d’alerte 3 de « résistance nationale ».

Devant la menace, le ministère de la santé britannique a, dans un communiqué du 11 août, incité les hôpitaux à « poursuivre de bons contrôles infectieux afin de prévenir toute propagation, en vérifiant si les patients ont récemment été soignés à l’étranger et en envoyant des échantillons à l’Agence de protection de la santé (HPA) pour analyse ».

Le Royaume-Uni, seul pays de l'UE confronté à l’arrivée de la bactérie NDM-1 , encourage les scientifiques européens à élaborer de nouveaux antibiotiques.



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