Les malades des ondes ne veulent plus attendre

Le 21 octobre 2013 par Marine Jobert
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Deux associations, inquiètes devant l’avis timoré de l’Anses sur les radiofréquences et l’apathie gouvernementale en matière de réduction des expositions, estiment nécessaire de lancer leurs propres propositions dans le débat public.

Minimiser l’effet des ondes sur la santé tout en augmentant les appels à la prudence dans l'utilisation des téléphones portables… c’est le paradoxe pointé par le Collectif des électrosensibles et Priartem[1], après la publication la semaine dernière du dernier avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) sur les radiofréquences. La position de l’agence oscillait en effet entre la recension d’un certain nombre d’effets biologiques (augmentation des tumeurs cérébrales pour les grands utilisateurs, oxydation et cassures de l’ADN dans certaines conditions, etc.) et la décision de ne pas édicter de nouvelles valeurs-limites d'exposition pour la population générale, tout en réitérant –voire en renforçant- certaines mesures de réduction des expositions. Qualifiée «d’exercice périlleux d’équilibriste» par les deux associations, la position de l’Anses a inspiré une série de propositions à ces «premières victimes visibles des ondes», comme elles se définissent. Elles lancent une charte et une plate-forme de revendications, afin de mettre en action des mesures de prévention que les pouvoirs publics sont plus que réticents à adopter.

Protéger les enfants

Première urgence: réduire les niveaux d’exposition en vertu du principe Alara[2], qui implique de justifier les expositions et de de construire une limitation «normée et évolutive selon les progrès de la connaissance et d’optimiser les expositions résiduelles». Dans cet esprit, la valeur-cible (maximale) devrait être fixée à 0,6 volt par mètre, des périmètres de sécurité devraient être définis autour des établissements sensibles (crèches, écoles, etc.) et le wifi banni des lieux publics et particulièrement dans les enceintes accueillant des enfants. L’usage du portable serait interdit dans les établissements scolaires, tandis que les objets à destination des enfants utilisant des radiofréquences, comme les doudous wifi ou les baby-phones) seraient interdits. 

L’implantation d’antennes-relais serait revue, en instaurant une consultation obligatoire des citoyens avant l’installation de tout émetteur de radiofréquences. Une étude d’impact sanitaire serait automatiquement diligentée avant le lancement de toute nouvelle application technologique, à l'inverse de la démarche retenue pour le déploiement de la technologie 4G. Des campagnes d’information sur les dangers des portables et sur l’intérêt des connexions filaires dans les bâtiments et lieux résidentiels verraient le jour.

Reconnaître les électrosensibles

La prise en charge sociale et médicale de l’électrosensibilité doit devenir un sujet à part entière, plaident les malades, qui ont édicté une plate-forme revendicative spécifique, portant sur la reconnaissance de leurs pathologies, la gestion des situations d’urgence, la garantie de l’insertion sociale et de l’accès aux services publics, la prévention de l’apparition de nouveaux cas et le développement d’une veille et d’une recherche indépendante.

 

Muscler une recherche indépendante

A l’adresse de l’Etat, le collectif des électrosensibles de France et Priartem voudraient voir l’Anses dotée «des moyens nécessaires à une recherche et à une évaluation réellement indépendantes» et que soit créés des laboratoires de référence et de recherche dédiés aux ondes et des procédures fiables de recueil de données d’exposition. Car à l’heure actuelle, le groupe d’experts qui a rédigé le dernier avis de l’Anses a réalisé une revue de littérature scientifique sans bénéficier de moyens d’investigations propres.

De façon générale, les deux associations exhortent les pouvoirs publics à admettre qu’il existe des «signes avant-coureurs»: comme autour des antennes ou dans certaines écoles, et qu'une part de plus en plus importante de la population souffre de maux divers (troubles du sommeil ou du rythme cardiaque, acouphènes, troubles de la concentration et de la mémoire). Il serait donc urgent de prendre des mesures de prévention et de réduction, estiment les électrosensibles.



[1] Priartem: Pour une réglementation des implantations des antennes-relais de téléphonie mobile.

[2] As Low As Reasonably Achievable: «Aussi basse que raisonnablement possible»

 



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