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Les liens entre mortalité et pollution atmosphérique remis en évidence

Le 05 février 2009 par Victor Roux-Goeken
embouteillages ok
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Après les récents épisodes de pollution de l’air qu’a connus la France, une étude de l’InVS rappelle les risques sur la santé liés à une hausse des concentrations de polluants dans l’air. Et la nécessité de la mise en œuvre du plan Particules.

Pollution aux particules en Ile-de-France, Alsace, Lorraine, Normandie, Haute-Savoie, dans le Rhône et l’Isère… A la mi-janvier, les niveaux de pollution aux particules ont atteint des sommets en France. L’événement ne s’était pas produit depuis 2007, puisque 2008 a bénéficié de conditions météorologiques moins propices à ce genre de pollution.

Une étude (1) publiée mardi 3 février dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’Institut national de veille sanitaire (InVS) souligne à nouveau l’existence d’un lien «significatif» entre le nombre de décès et l’exposition à 3 polluants de l’air: dioxyde d’azote (NO2), ozone (O3) et PM-10 (particules de diamètre inférieur à 10 microns).

L’étude, synthèse de deux rapports publiés en 2006 et 2008, a été réalisée à partir des données épidémiologiques, entre 2000 et 2004, issues de 9 villes françaises représentant une population de 11 millions d’habitants, «reflet de la diversité climatique et des sources de pollution», selon son auteur principal, Laurence Pascal, médecin épidémiologiste à l’InVS.

Ainsi, «les excès de risque relatif associés à une augmentation de 10 microgrammes par mètre cube (µg/m3) des polluants PM-10, NO2 et O3 sont respectivement de 1,4%, 1,3% et 0,9%» pour la mortalité toutes causes, indique l’étude. Le risque de mortalité cardiovasculaire et cardiaque associé à une augmentation des PM-10 et du NO2 est jusqu’à deux fois plus élevé que le risque de mortalité toutes causes, notamment pour les 65 ans et plus. «Les hospitalisations pour causes cardiovasculaires sont aussi (…) associées aux niveaux de NO2 et de PM-10, mais pas à l’ozone», selon l’étude.

«La pollution d’origine automobile prédomine, sauf à Rouen et au Havre, où l’on peut avoir des panaches de sources industrielles», indique Laurence Pascal. Des résultats qui rappellent la nécessité de la mise en œuvre d’un plan Particules, dont les grandes lignes ont été dévoilées l’été dernier (2): il aurait dû être soumis à consultation publique en automne, mais a été inclus dans le deuxième Plan national santé environnement (PNSE 2). Celui-ci devrait être présenté au printemps.

Dans le cadre du plan Particules, le président du Conseil national de l’air, le sénateur Philippe Richert (UMP, Bas-Rhin) avait notamment proposé que les pollutions particulaires des véhicules soient incluses dans le bonus/malus automobile. La mesure n’a pas pu être mise en œuvre «pour des raisons techniques» selon le sénateur.

La taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) sur les pollutions atmosphériques a bien été étendue aux PM-10 et PM-2,5, mais industrielles uniquement. Selon le sénateur, la hausse des émissions particulaires pourrait être un effet collatéral du bonus/malus, qui entraîne une augmentation de la vente de petites cylindrées, pas encore dotées de filtres à particules. Une disposition prévue par la norme Euro V, qui entrera en vigueur en janvier 2010.

(1) Liens à court terme entre la mortalité et les admissions à l’hôpital et les niveaux de pollution atmosphérique dans 9 villes françaises
(2) Dans le JDLE «Pollution de l’air: des propositions pour le plan Particules»

7 réactions

Cingal Georges | 17/02/2009 - 14H46

Vice Président du Bureau Européen de l'Environnement Chacun ne voit que les pollutions auxquelles il est soumis. Et c'est bien dommage ! S'il est impossible d'ajouter des pommes, des poires, des oranges ... il semble donc impossible de trouver la résultante de toutes les pollutions auxquelles nous sommes exposé(e)s. Dommage ! Personnellement l'évaporation des herbicides et autres biocides utilisés en agriculture que l'on retrouve dans l'air que nous respirons en tout point du territoire m'a toujours inquiété. Suis-je original lorsque je pense qu'il s'agit d'armes de destruction massive ?

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Peri Alain | 11/02/2009 - 09H38

Et le trafic aérien en Ile de France? Et l'Etat continue de cacher la réalité du diesel! La persistance dans l'erreur est illustrée par le bonus malus établi sur le seul critère des émissions de CO2 favorisant ainsi les véhicules diesels et leurs émissions de particules fines et de NOx. En Île-de-France il faut aussi ajouter la pollution du trafic aérien similaire en tous points au diesel. Kérosène = gazole. La pollution de Roissy CDG équivaut à 1.5 fois le périphérique parisien en NOx. La santé publique est ce si important?

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seydoux dominique | 07/02/2009 - 15H31

renouvellement du parc automobile voilà qui devrait inciter enfin à lancer de vrais mesures pour faciliter le renouvellement des véhicules et surtout leur équipement de filtres à particules

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CUENOT Etienne | 06/02/2009 - 16H23

et alors ? Ce serait plus parlant et crédible d'annoncer le nombre de décés constatés pendant la période froide de ce début d'année effectivement imputables aux NOx, particules etc. Des constats sont-ils possibles ? peut-on les situer dans l'ambiance relativement aux autres causes de décés ? et enfion c'est bien beau d'alerter mais qu'est-ce qu'on peut faire ? les mesures mises en oeuvre sont-elles suivies et efficaces ?

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gaulier lionel | 05/02/2009 - 17H25

particules pas trés nobles inclure les particules et le no2 dans le bonus malus ?Problémes techniques ?? je rapelle pour info que la france est le producteur numéro 1 de véhicules diesels!! On ne vas tout de méme pas accabler notre pauvre industrie automobile ,la planéte attendra.

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Rivest Michelle | 05/02/2009 - 17H10

La particules fine tue C'est la particule fine qui s'infiltre partout même dans vos poumon. Déjà après une combustion exemple biomasse bois, la particules fine est déjà un cocktail chimique et elle a comme caractéristique d'être vecteur des autre polluant dans l'air. Toute une soupe...

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Jean-Paul MORIN | 05/02/2009 - 16H15

Pourquoi seulement les particules ? Je suis très surpris de voir que seules les particules sont montrées du doigt, alors que les études comparatives d'impact court terme entre l'indicateur PM10 et l'indicateur NO2 reprenant les risques relatifs cités ci-dessus montrent que l'impact de l'indicateur NO2 est près de deux fois supérieur à celui de l'indicateur PM10 du fait de la plus forte amplitude de variation des concentrations de NO2 comparées à celles des PM10. Je ne nie pas le bien fondé de tenter de diminuer les particules, mais en ce qui concerne l'automobile à motorisation Diesel, les stratégies de gestion de la régénération des filtres à particules riment le plus souvent avec une augmentation en valeur absolue des émissions de NO2...! Attention à ne pas ignorer trop longtemps le NO2 pour lequel nombre de villes ne pourront pas tenir les objectifs fixés par l'OMS pour les années qui viennent!

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