Les lichens, autres perdants du réchauffement

Le 26 février 2018 par Romain Loury
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Les lichens, symbiose entre un champignon et une algue
Les lichens, symbiose entre un champignon et une algue

Les mousses, les lichens, les algues terrestres et les cyanobactéries sont également menacées par le réchauffement climatique et à l’usage des sols, révèle une étude publiée dans Nature Climate Change. D’ici à 2070, leur aire de répartition pourrait se comprimer de près de moitié, ce qui aurait d’importantes retombées environnementales et sanitaires.

 

Parmi les premiers organismes à avoir colonisé le milieu terrestre, ces organismes photosynthétiques demeurent peu étudiés, bien qu’ils jouent un rôle biologique crucial. Notamment dans les cycles du carbone et de l’azote, pour la fixation des sols et pour le maintien de la biodiversité, végétale ou animale.

12% de la surface terrestre

Dans son étude, l’équipe de Bettina Weber, de l’Institut Max Planck de chimie à Mayence (Allemagne), montre que les mousses, lichens, algues marines et cyanobactéries, appelés «biocrusts» en anglais («biocroûtes»), couvrent actuellement 12% de la surface terrestre. Principalement des zones arides et semi-arides, froides ou chaudes, où ils ne subissent pas la compétition des végétaux supérieurs.

Reprenant la littérature scientifique consacrée à ces organismes, les chercheurs ont identifié 18 facteurs qui conditionnent leur survie, relatifs au climat (précipitations, température), à la composition ou à l’usage des sols. Or selon leurs calculs, les bouleversements en cours pourraient réduire leur habitat de 25% à 40% d’ici à 2070.

Le cycle de l’azote chamboulé

D’après les chercheurs, cette raréfaction pourrait avoir de nombreuses conséquences. En particulier sur le cycle de l’azote, dont l’équipe estime que ces organismes contiendraient 40% à 85% de l’azote fixé de manière biologique. Un chiffre probablement exagéré, que les chercheurs appellent eux-mêmes à prendre avec des pincettes, mais qui révèle toutefois le rôle important dans le cycle de l’azote.

Désertification accrue

Par ailleurs, la disparition des «biocrusts» accroîtrait la désertification des zones arides, avec une plus forte production de poussières émises dans l’air. Alors que ces particules jouent souvent le rôle de condensateurs de l’eau atmosphérique, la hausse de leur concentration pourrait avoir des répercussions importantes sur les précipitations, et donc sur le cycle de l’eau et le climat.

Sans oublier les conséquences sanitaires: dans les régions exposées aux vents du désert, ces particules participent à la pollution atmosphérique, mais peuvent aussi être vectrices de maladies. Tel est déjà le cas de la fièvre de la vallée (coccidioïdomycose), endémique du sud-ouest des Etats-Unis, liée à un champignon qui atteint les villes porté par le sable.



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