Les légumes mis hors de cause dans l’infection par E. coli

Le 15 avril 2011 par Romain Loury
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Les végétaux ne constituent probablement pas pour l’homme une source d’infection par Escherichia coli, la bactérie restant confinée au niveau des racines, selon une étude américaine publiée dans le Journal of Food Protection.

 

Certaines souches de la bactérie E. coli, dites vérocytotoxiques, entraînent des syndromes hémorragiques et urémiques, premiers responsables d’insuffisances rénales aigües chez l’enfant (1). Si ces infections sont avant tout imputées à la viande contaminée, il demeure un doute quant à la consommation de légumes. En cause, l’absence de consensus quant à la capacité des végétaux à capter des E. coli présentes dans le sol.
Pour Manan Sharma, microbiologiste au sein du département américain de l’agriculture (USDA selon l'acronyme américain), l’affaire est entendue : il est « fort improbable » que les plantes constituent un vecteur d’E. coli. Car si la rhizosphère (milieu formé par les racines et le sol environnant) constitue un environnement propice à la bactérie, celle-ci va rarement plus loin dans la plante.
L’expérience de Manan Sharma a consisté à contaminer un sol avec une E. coli porteuse d’un marqueur fluorescent, à y planter des épinards puis à suivre le parcours de la bactérie par microscope. Résultat : quelle que soit la souche utilisée, toxique ou non pour l’homme, E. coli se retrouvait rarement dans les feuilles, et à des niveaux très faibles.
Si d’autres chercheurs ont observé un transfert dans les feuilles, notamment chez la laitue, c’est parce qu’ils ont recréé des conditions « moins réalistes », avec des milieux trop concentrés en bactéries, avance Manan Sharma. « Personne n’irait cultiver sur des sols pareils », plaisante le chercheur.
Ses résultats sont moins clairs en ce qui concerne les racines. N’écartant pas un risque de contamination de légumes tels que les carottes et les navets, le chercheur estime que « tout système doit être étudié séparément ».
 
(1) Dans l’Union européenne, 3573 cas confirmés d’infection par VTEC (Verotoxigenic Escherichia Coli) sont survenus en 2009, un chiffre en hausse selon le rapport annuel sur les zoonoses, publié fin mars par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).


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