Les laitages sans réel bénéfice osseux?

Le 27 novembre 2013 par Romain Loury
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La consommation de lait à l'adolescence accroît le risque de fracture de la hanche chez les hommes
La consommation de lait à l'adolescence accroît le risque de fracture de la hanche chez les hommes

A l’adolescence, une consommation élevée de produits laitiers ne protégerait en rien d’une fracture de la hanche plus tard dans la vie… peut-être même au contraire, suggère une grande étude américaine publiée dans la revue JAMA Pediatrics.

Atteignant un pic à l’âge de 20 ans, la masse osseuse décline ensuite de manière inexorable, aussi bien chez les hommes que chez les femmes, bien que celles-ci voient leur perte osseuse s’accélérer après la ménopause. Or cette fonte étant de vitesse relativement constante à l’âge adulte, la hauteur du pic post-adolescence pourrait être le facteur déterminant d’ostéoporose et de fracture chez les plus âgés. En bref, mieux vaut construire au printemps en prévision de l’hiver.

D’où l’idée, a priori logique, selon laquelle les adolescents devraient consommer beaucoup de laitages, l’équivalent de trois verres de lait quotidiens, afin de maximiser leur capital osseux. Pas si sûr, estiment pour leur part Diane Feskanich, de la Harvard Medical School de Boston (Massachusetts), et ses collègues: selon les travaux qu’ils publient dans JAMA Pediatrics, les laitages n’auraient au mieux pas d’effet significatif, voire un effet contre-productif.

Portant sur plus de 35.000 hommes et 61.000 femmes [1], leur étude a consisté à analyser la survenue de fractures de la hanche, généralement après 70 ans, en fonction de la consommation de produits laitiers au cours de l’adolescence, rapportée par ces personnes. Résultat: les laitages ne présenteraient aucun bénéfice apparent pour les femmes.

Chez les hommes, le risque de fracture de la hanche est même accu de 9% pour toute portion quotidienne supplémentaire de lait. Cet effet contre-productif semble s’expliquer en partie par la taille: les hommes ayant consommé le plus de laitages à l’adolescence sont plus grands de 1,9 cm, or la longueur des os est un facteur de risque bien établi de fracture. Si un tel effet de la taille ne se voit pas chez les femmes, c’est qu’il est «noyé» sous l’effet ménopause, proposent les chercheurs.

 

Moindre densité osseuse chez les végétaliens

Dans un éditorial, Connie Weaver, nutritionniste à la Purdue University de West Lafayette (Indiana), met fermement en cause ces résultats, rappelant que d’autres études ont au contraire démontré le bénéfice retardé des laitages chez les jeunes. D’autres montrent que les personnes évitant le lait, telles que les végétaliens, présentent une moindre densité osseuse. Défaut majeur de cette étude, la consommation de laitages à l’adolescence ne reposait que sur les (vieux) souvenirs des participants, estime par ailleurs Connie Weaver.

Effets positifs, neutres, voire contre-productifs, la controverse sur les produits laitiers n’est pas prête de cesser. Publiée dans le Journal of Women’s Health, une autre étude américaine, menée pendant 11 ans sur environ 30.000 femmes ménopausées, montre qu’une supplémentation à base de vitamine D et de calcium, qui abondent dans les produits laitiers, n’a eu aucun effet préventif sur les fractures de la hanche, et un effet très léger sur les fractures vertébrales.

 



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