Les jouets «vintage», cadeau empoisonné

Le 01 avril 2015 par Romain Loury
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Les vieux poneys à l'équarrissage?
Les vieux poneys à l'équarrissage?
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A la poubelle, les vieux jouets en plastique! Selon une étude publiée dans le Journal of Environmental Health, nombre d’entre eux, dont la vénéneuse Barbie et Mon Petit Poney sournois, recèlent des taux très élevés de métaux lourds. Avec l’usure, ces composés toxiques pourraient fuiter encore plus.

Par nostalgie ou faute de moyens, nombreux sont les parents, élevés dans les années 1970 et 1980, à donner leurs propres jouets à leurs enfants. Ces objets, qui font désormais l’objet d’un marché de collection, sont fréquemment retrouvés dans les brocantes et, plus grave, les crèches, les garderies et les salles d’attente, notamment celles de pédiatres.

Or ces jouets ont été fabriqués alors que la législation sur la présence de métaux lourds était bien moins contraignante qu’aujourd’hui. Victimes du temps, de la lumière, de la chaleur et de la fougue enfantine, ils franchissent le cap de la trentaine dans un piètre état.

Un tiers de jouets non conformes

Dans leur étude menée sur une centaine de jouets emblématiques, dont des Barbie, des Petits Poneys et divers jouets Fisher Price, Gillian Miller et Zoe Harris, de la St Ambrose University à Davenport (Iowa), révèlent que deux tiers des jouets en plastique contiennent du plomb et du cadmium à des niveaux mesurables -contre aucun des 14 jouets achetés en 2010-2013.

Un tiers d’entre eux serait désormais non conforme selon les règles actuelles pour ces deux métaux lourds. Pire, 12% des anciens jouets en PVC, et 23% de ceux sans PVC (polychlorure de vinyle), se situaient au moins 10 fois au-dessus de la limite réglementaire de 90 ppm de plomb.

Pour le cadmium, de tels dépassements étaient observés dans 4% des jouets en PVC et 12% de ceux n’en contenant pas. Les chercheurs notent par ailleurs une présence très fréquente de mercure, d’arsenic et de baryum.

Des pigments très friables

Ces métaux lourds sont pour la plupart présents dans les peintures, dont les formulations ont pour la plupart été revues à partir des années 1990. «Ces pigments, contenus dans nombre de ces jouets ‘vintage’, ne sont pas liés de manière chimique aux polymères. Ils se présentent sous forme de petites particules enfouies dans le plastique. Celles-ci peuvent être libérées avec l’usure du jouet, ou lorsque l’enfant le manipule ou le porte à la bouche», commentent les chercheurs.

Le fait qu’un jouet soit récent ne signifie pas pour autant que sa sécurité est garantie. En 2014, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a relevé 11,7% de jouets non conformes et dangereux lors de l’analyse physicochimique menée sur les produits jugés suspects, contre 15% en 2013.

Outre les risques mécaniques (étouffement, strangulation, etc.), la DGCCRF évoque la présence de substances chimiques CMR (cancérigènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction): «il s’agit essentiellement de 6 phtalates (DEHP, DBP, BBP, DINP, DIDP, DNOP) que l’on peut retrouver dans les jouets en PVC». Autres temps, autres mœurs.



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