Les jeunes en grève pour le climat

Le 17 décembre 2018 par Stéphanie Senet
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Greta Thunberg, icône de la jeunesse militante
Greta Thunberg, icône de la jeunesse militante

Grève hebdomadaire, blocage de ponts à Londres, appel à la désobéissance. En parallèle des marches pour le climat, des actions plus virulentes se développent à travers le monde.

C’est le visage de la COP 24. Greta Thunberg, une collégienne suédoise de 15 ans, a pris la parole à la COP 24 au nom de l’ONG Climate Justice Now. «Vous dites que vous aimez vos enfants par-dessus tout. Et pourtant, vous leur volez leur avenir, devant leurs propres yeux.» Avec ses tresses, cette jeune militante végétarienne sait de quoi elle parle. Depuis le mois d’août, elle sèche les cours chaque vendredi, avec assiduité, pour aller réclamer, devant le Parlement de Stockholm, davantage d’actions pour le climat. Une démarche qu’elle a répétée vendredi 14 décembre à Katowice, en compagnie de plusieurs dizaines d’enfants. Auparavant, elle avait déjà convaincu sa famille de devenir vegan, d’équiper la maison de panneaux photovoltaïques, de faire un potager dans le jardin et d’abandonner les trajets en avion.

«Le Premier ministre doit retourner à l’école»

Ce mouvement de grève a rencontré des échos chez les jeunes du monde entier. En Australie, écoliers, collégiens et lycéens ont préféré, le 30 novembre dernier, le chemin de la manifestation à celui de l’école. Dans toutes les grandes villes, ils ont réclamé, eux aussi, davantage d’actions climatiques de la part du gouvernement. «J’ai 9 ans et j’en sais plus que le Premier ministre sur le réchauffement climatique. Il devrait retourner à l’école», a écrit une jeune écolière sur une pancarte.

270 villes du monde entier

Au total, des grèves similaires ont été organisées dans 270 villes à travers le monde. En Australie, en Suède, mais aussi au Royaume-Uni, en Belgique, aux Etats-Unis et au Japon. Un mouvement qui devrait encore grandir d’ici la prochaine COP, qui se tiendra en novembre prochain au Chili.

En France, un manifeste étudiant pour un réveil écologique a déjà été signé par plus de 28.000 personnes. Egalement décliné en Belgique et en Suède, il rappelle que «4 des 9 limites planétaires ont déjà été franchies», «compromettant la poursuite des activités humaines». «Nous constatons avec frustration que les actions proposées sont fondamentalement insuffisantes au regard des défis qui se présentent à nous», écrivent les étudiants. 

Des programmes scolaires adaptés

Si la plupart des jeunes sont convaincus de l’importance d’agir rapidement contre le changement climatique, ce sujet reste toutefois marginal dans les programmes scolaires, tout comme la nécessaire préservation de la biodiversité. C’est pourquoi des scientifiques, enseignants et simples parents appellent à les faire évoluer, dans une tribune publiée le 15 décembre dans Mediapart. Une tribune lancée trois jours avant l’adoption des nouveaux programmes, prévue le 18 décembre au ministère de l’éducation nationale. Ce texte est notamment signé par l’ancienne négociatrice climatique française Laurence Tubiana, le président du Museum national d’histoire naturelle (MNHN) Gilles Bœuf, et les climatologues Valérie Masson-Delmotte et Hervé Le Treut. Il rappelle que l’enseignement sur le changement climatique se résume à «à peu près rien avant la terminale pour le tronc commun au lycée».

Désobéissance civile internationale / Au Royaume-Uni, le mouvement Extinction Rebellion multiplie les actions chocs pour accélérer les initiatives contre le changement climatique. Lancé fin octobre, ce collectif a inauguré, le 17 novembre, une journée de rébellion. Au programme: blocage de ponts à Londres pour s’opposer aux membres du gouvernement britannique, qu’ils appellent «les criminels du climat». Depuis, des actions similaires ont été organisées dans plusieurs villes du Royaume-Uni et dans 35 pays du monde entier. Point d’orgue du mouvement: une semaine de désobéissance civile internationale est attendue en avril prochain.


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