Les jeunes Californiens reprennent leur souffle

Le 09 mars 2015 par Romain Loury
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Los Angeles: encourageant, peut mieux faire
Los Angeles: encourageant, peut mieux faire
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Dans le sud de la Californie, les enfants présentent de nos jours une bien meilleure capacité pulmonaire que dans les années 1990, révèle une étude publiée dans le New England Journal of Medicine (Nejm). Et ce du fait d’une forte diminution des particules fines PM2,5 et du dioxyde d’azote (NO2).

Voilà qui démontre que la pollution atmosphérique, qui a provoqué 3,7 millions de décès prématurés dans le monde en 2012, n’est pas une fatalité. Grâce à des véhicules plus propres, de moindres émissions dans les ports maritimes (celui de Los Angeles est le plus important des Etats-Unis), la «City of Angels», longtemps la plus polluée des Etats-Unis, est parvenue à reprendre la main sur ce fléau urbain.

Les effets ne sont pas fait attendre. En octobre 2014, le South Coast Air Quality Management District (SCAQMD), en charge de la qualité de l’air pour la Californie du sud, évoquait une baisse de 65% du taux de cancers liés à la pollution, la plupart du poumon, entre 2005 et 2012 dans les quatre comtés qu’elle couvre -Los Angeles, San Bernardino, Riverside, Orange.

Baisse des PM2,5, hausse du volume expiré

Les adultes ne sont pas les seuls à en bénéficier, comme le révèle l’équipe de Frank Gilliland, du département de médecine préventive de l’université de Californie du sud (Los Angeles). Chez les adolescents, la fonction pulmonaire a connu une nette amélioration, en raison d’une baisse du taux de PM2,5 allant jusqu’à 55,3% entre 1994 et 2010, et à 41,3% pour le NO2 [1].

En tout, les chercheurs ont mesuré les capacités pulmonaires de 2.120 enfants de 11 ans enrôlés sur les périodes 1994–1998, 1997–2001 et 2007–2011, puis ont réitéré le test à l’âge de 15 ans. Principale mesure, celle du volume expiratoire maximal seconde (VEMS): il s’agit du volume d’air expiré en une seconde, au plus vite, après une inspiration profonde.

S’il est en moyenne de 2,311 litres chez des garçons de 11 ans, les chercheurs montrent qu’il a augmenté de 100 millilitres (mL) sur la période 1994-2010. Pareil à 15 ans, où le VEMS était supérieur de 165,5 mL en 2010 par rapport à 1994. Résultat: entre 11 et 15 ans, les enfants gagnaient 65,5 mL de plus en 2010 qu’en 1994, signe d’un meilleur développement pulmonaire.

Moins d’enfants en difficulté respiratoire

Aussi nette chez les filles, l’amélioration était aussi observée chez les jeunes asthmatiques. L’équipe relève d’ailleurs une baisse du nombre d’enfants de faible capacité pulmonaire, dont la proportion est passée de 7,9% à 3,6% entre 1994 et 2010.

Selon les chercheurs, les bénéfices continueront à se faire sentir à long terme: dotés de poumons plus sains, les jeunes Californiens auront moins de chances de développer des maladies pulmonaires ou cardiovasculaires. Pour autant, il est possible de faire bien mieux, estiment Douglas Dockery et James Ware, deux épidémiologistes de la Harvard School of Public Health de Boston (Massachusetts), dans un éditorial.

«Il y a 40 ans, la plupart des Américains étaient exposés à une pollution atmosphérique bien plus élevée qu’aujourd’hui. Il était alors difficile de trouver des populations peu ou pas exposées, ce qui empêchait de déterminer un seuil d’effet (…). Ces nouvelles études observationnelles montrent qu’il y a des bénéfices sanitaires à améliorer la qualité de l’air, même quand  la pollution est à un niveau longtemps cru sans danger», commentent-ils.

 [1] L’amélioration était moindre pour les PM10 (-24,2% au maximum) et pour l’ozone (-13,9%).



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