Les ions perchlorate, un danger pour les enfants

Le 01 octobre 2014 par Romain Loury
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Dans les munitions, mais aussi dans le lait maternisé
Dans les munitions, mais aussi dans le lait maternisé

Les ions perchlorate, surtout présents dans les eaux du Nord-Pas de Calais et du Sud-ouest, pourraient retarder le développement mental du jeune enfant, révèle une étude publiée dans le Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism (JCEM).

Préoccupation récente en matière de sécurité sanitaire des eaux et des aliments, les ions perchlorate sont aussi bien d’origine naturelle qu’anthropique. Parmi leurs sources principales, les anciennes munitions, qui continuent à joncher la ligne de front de la Première guerre mondiale dans le Nord-est de la France.

On les retrouve aussi en Aquitaine et Midi-Pyrénées, où ils sont de source industrielle (propulseurs de fusée, explosifs, systèmes de déclenchement des airbags, etc.). Autre origine probable, le salpêtre chilien utilisé comme engrais jusque dans les années 1930.

S’il reste beaucoup à apprendre sur leur toxicité, les ions perchlorate inhiberaient l’étape d’incorporation de l’iode dans la thyroïde, étape-clé de la synthèse des hormones thyroïdiennes. Or l’hypothyroïdie est l’une des principales causes de retard mental chez l’enfant. Pour la première fois, une étude vient de démontrer un risque pour l’enfant lorsque la femme enceinte est trop exposée à ces contaminants.

Menée sur 486 femmes enceintes vivant à Cardiff (Royaume-Uni) et à Turin (Italie), elle montre que, chez les 10% dont la concentration urinaire en perchlorates est la plus élevée, l’enfant a 3,14 fois plus de risques d’avoir un faible quotient intellectuel (QI) à 3 ans, à savoir inférieur à 80, un effet surtout visible au niveau verbal.

En France, 5% d’enfants à risque?

Chez le jeune enfant, la principale source d’exposition aux perchlorates est le lait maternisé, rappelle un rapport publié en juin par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses). Selon son estimation, un dépassement de la valeur toxicologique de référence (VTR), fixée à 0,7 microgrammes par kilo et par jour, est «possible» chez 5% des enfants de moins de 6 mois.

Quant aux eaux traitées, aucun des échantillons analysés en France ne dépasse la valeur-guide de 15 µg/L fixée pour les adultes, tandis que 2%, en particulier dans le Nord-Pas de Calais et en Picardie, dépassent celle de 4 µg/L en vigueur chez les enfants.

Outre l’eau et le lait maternisé, les fruits et légumes pourraient constituer une autre voie d’exposition aux ions perchlorate. L’Anses travaille actuellement sur ce sujet, dans l’objectif de mieux connaître l’exposition globale de la population française.



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