Les investisseurs redoutent le changement climatique

Le 04 octobre 2006 par Agnès Ginestet
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Le 3 octobre, les résultats d’une enquête menée dans le cadre du Carbon disclosure project (CDP) ont été présentés à Paris. L’intégration des enjeux liés au changement climatique par les entreprises françaises est considérée comme insuffisante.

CDP SBF 120. Ce n'est pas le nom d'une bactérie ou d'un nouveau modèle d'avion, mais celui d'une étude qui concerne les 120 plus grandes entreprises françaises. Elle consiste à identifier, à partir des réponses apportées aux questionnaires soumis, les stratégies mises en place pour anticiper le changement climatique et réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES).

Le CDP rassemble 225 investisseurs qui gèrent plus de 31.500 milliards de dollars d'actifs dans le monde. Il a pour rôle d'informer ses membres sur les risques et les opportunités que sont la contrainte carbone et le changement climatique pour les entreprises. Il tend aussi à améliorer la communication des informations de la part des entreprises. Parmi les 14 signataires français, on retrouve Axa, la Société générale et la BNP.

Le taux de réponse à l'enquête SBF 120 a été de 45%. Un résultat que James Cameron, président du CDP, trouve plutôt bon pour une première édition. Mais que les investisseurs, selon Pascale Sagnier, analyste investissement responsable d'Axa investment managers, estiment insuffisant. Des disparités ont été observées selon les secteurs d'activité. Par exemple, le secteur services collectifs et énergie a répondu à 100% et celui des équipements électriques et électroniques à 25%.

57% des entreprises interrogées perçoivent les risques que le changement climatique fait peser sur leurs activités et pour 65% d'entre elles, ce changement représente une opportunité de développement.

Le Climate leadership index (CLI) permet de classer les entreprises en fonction de la qualité des réponses qu'elles ont fournies au questionnaire du CDP. La palme revient aux services collectifs et énergie alors que le secteur de l'aérospatial et défense et celui des transports, pourtant grand émetteur de gaz à effet de serre, présentent des scores très faibles.

Trois axes de progrès ont finalement été identifiés: élargir la prise en compte des enjeux climatiques; améliorer la qualité de l'information aux investisseurs sur les risques encourus, les moyens mis en oeuvre pour y répondre et sur les performances; encourager les initiatives et le développement de projets de réduction des émissions. Selon Christian de Perthuis, de la mission climat de la Caisse des dépôts, «on ne gagnera pas la bataille contre le réchauffement climatique si on n'anticipe pas les ruptures majeures en matière d'innovation».

Finalement, selon Pascale Sagnier, les entreprises se doivent de faire preuve d'un maximum de transparence car les investisseurs sont confrontés à trop d'incertitudes associées au changement climatique. Mais pour Jacques Toraille, directeur du développement durable de Michelin, compte tenu du problème de la concurrence, en particulier sur le marché très concurrentiel du pneu, la transparence a ses limites.




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