Les insectes rendus stériles par le réchauffement

Le 12 janvier 2017 par Romain Loury
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Drosophila subobscura
Drosophila subobscura

Le réchauffement climatique pourrait affecter les insectes plus tôt qu’on ne le pensait, en diminuant leur succès reproductif, révèle une étude britannique publiée dans le Journal of Evolutionary Biology. C’est dans les climats les plus froids que les insectes seraient les plus sensibles à la hausse du mercure.

Outre une migration vers de plus hautes latitudes ou altitudes, les insectes n’auront, face au réchauffement, pas d’autre alternative que de s’adapter. Incapables de réguler leur température, ils possèdent certes une marge de tolérance thermique. Or celle-ci a le plus souvent été testée en fonction de la capacité de survie des individus, rarement selon leur aptitude reproductrice, pourtant cruciale au maintien des populations.

Selon l’équipe de Rhonda Snook, biologiste à l’université de Sheffield, la spermatogénèse, à savoir la formation de cellules reproductrices mâles, est un processus très vulnérable à la température. D’autant que ces cellules se forment au stade larvaire, auquel les insectes sont peu aptes à fuir des températures trop élevées. Dans leur étude menée sur la mouche drosophile Drosophila subobscura, les chercheurs montrent qu’un stress thermique enduré à ce stade, sans être mortel, peut sérieusement altérer la fertilité des adultes.

Un effet qui persiste au stade adulte

Lorsque leurs larves sont exposées à un choc thermique de +5,5°C sur une période de 10 jours, les adultes présentent une moindre mobilité des spermatozoïdes, réduisant fortement leur progéniture, et ce tout au long de leur vie. L’effet est plus marqué chez des mouches prélevées à Uppsala (Suède) qu’à Valence (Espagne), où elles sont mieux adaptées au stress thermique.

Selon Rhonda Snook, «nous savions déjà que les insectes ressentaient l’effet du réchauffement climatique, mais nous ignorions qu’il pouvait les affecter avec d’aussi faibles augmentations de température (…). Même de petites hausses thermiques peuvent entraîner, sans effet mortel sur les individus, un déclin de population, du fait que les insectes produisent une progéniture moins abondante».

Certains insectes semblent en effet sur la voie d’un déclin rapide, notamment les papillons. Au Royaume Uni, où l’association Butterfly Conservation effectue chaque année un comptage, 2016 pourrait être la pire année qu’ait connue ces lépidoptères. En cause, de très mauvaises conditions climatiques, tels qu’un hiver trop doux, un printemps froid et un été pluvieux.



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