Les Indiens Mapuche en lutte contre le gaz de schiste

Le 06 septembre 2013 par Marine Jobert
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Des femmes Mapuche, en costume traditionnel.
Des femmes Mapuche, en costume traditionnel.

C’est la ratification par le Parlement provincial d'un accord entre le gouvernement argentin et la compagnie américaine Chevron qui aurait mis le feu aux poudres. Le 28 août dernier, des manifestants ont protesté contre l’autorisation donnée au pétrolier américain d’exploiter les gaz et pétrole de schiste sur les terres des Indiens Mapuche.

«Cette manifestation a été brutalement réprimée par la police locale, faisant des blessés et entraînant plusieurs arrestations de manifestants», dénoncent les collectifs français opposés aux hydrocarbures non conventionnels dans un communiqué. Le lendemain, des maisons abritant ces Indiens ont été brûlées, rapporte l’association Les Amis de la terre, «par des proches du gouvernement provincial». «Les communautés indigènes de Neuquén souffrent déjà des lourds impacts sanitaires, économiques et environnementaux laissés par plusieurs décennies d’exploitation pétrolière. Cette ruée vers les hydrocarbures non conventionnels se trouvant sur leur territoire est une nouvelle violation de leurs droits fondamentaux, notamment leur droit au consentement libre, préalable et informé», explique Diego di Risio, membre de l’Observatorio Petrolero Sur en Argentine.

 

Exploitation de tight gas

L’Argentine aurait sous les pieds la deuxième réserve mondiale de gaz de schiste, selon l’Energy information administration. Et le pays, assoiffé d’hydrocarbures, s’est lancé depuis presque 5 ans déjà dans l’exploitation de gaz non conventionnels. La province de Neuquén, dans le nord de la Patagonie (Argentine), compterait près de 200 puits de gaz compact[1], qui nécessitent l’usage de la fracturation hydraulique. «Les gisements s’étendent sur une bonne partie du pays, y compris dans des bassins qui n’ont pas encore été explorés et qui n’ont pas d’histoire pétrolière», précise Diego di Risio, dans un entretien accordé à FalMag. Des projets d’exploration seraient en cours dans le nord-est, à la frontière avec l'Uruguay et le Brésil. «Dans cette zone se trouve l’aquifère Guarani, l’un des plus grands aquifères d’eau douce au monde», détaille le militant.

 

Nationalisation et partenariats privés

Depuis son élection en 2002, Cristina Krichner, la présidente de la République argentine, a développé une politique protectionniste, nationalisant de façon soudaine les actifs locaux de la compagnie hispano-argentine Repsol YPF, en 2012. Cependant, la faible capacité d´investissement des entreprises nationales a obligé Buenos Aires à faire appel à des compagnies étrangères pour investir, à la faveur de contrats le plus souvent secrets. C’est l’entreprise nationale YPF (Yacimientos Petrolíferos Fiscales) qui est à la manœuvre. L’ancienne branche locale du groupe Repsol a noué des partenariats avec des entreprises comme Exxon, Chevron ou Total. Le pétrolier français est devenu l’un des principaux producteurs de gaz du pays. L’accord contesté entre YPF et Chevron «prévoit dans un premier temps un projet-pilote de forage de 100 puits (…). Si les résultats sont positifs, Chevron aura la possibilité d’étendre l’exploitation à une zone de 300 kilomètres carrés, avec un investissement de 16 milliards de dollars (12 Md€) pour le forage de 1.500 puits», détaillent les Amis de la terre. Les concessions sont accordées pour une durée de 35 ans, avec des avantages fiscaux, des garanties de prix et des aides à l’exportation.

 

http://www.eia.gov/analysis/studies/worldshalegas/

 



[1] La roche est très peu perméable.

 



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