Les ICPE ont aussi leur plan sécheresse

Le 29 juin 2005 par Christine Sévillano
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Usine_pates_papiers
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Si les ICPE n'ont pas d'arrêté préfectoral spécifique à mettre en œuvre pendant une canicule, elles doivent toutefois prendre des mesures concernant la sécheresse, quand la préfecture annonce des restrictions d'eau.

Il n'existe pas à proprement parler de mesures pour prévenir la canicule dans les installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) puisqu'elles doivent prévoir ce genre d'aléa climatique dans leurs études d'impact qui envisagent les conditions normales et exceptionnelles. Toutefois, la canicule de 2003 ajoutée à la sécheresse a révélé une situation explosive, notamment en Ile-de-France où avaient lieu de grands travaux sur les barrages de la Marne. Ces phénomènes ont poussé les autorités à mettre en oeuvre le plan sécheresse dans les ICPE, commencé en 2004. «Nous avons dû réfléchir à la possibilité de mettre en oeuvre des restrictions d'usage pour éviter l'assèchement et la pollution de petites rivières sensibles», explique Karoly Vizy, chargé de mission eau à la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire) d'Ile-de-France.

Les Drire ont donc procédé à une sélection de sites en fonction de leurs prélèvements d'eau ou de leurs rejets dans les rivières. Une quarantaine d'ICPE a été retenue, dans la région parisienne, notamment dans le secteur de la sidérurgie, des usines de sucrerie, de l'agroalimentaire, des traitements de surface, ou des blanchisseries très actives l'été étant donné la forte activité de l'hôtellerie. Les arrêtés préfectoraux complémentaires pour chaque site industriel retenu contiennent les valeurs des seuils de déclenchement de l'action sécheresse et le plan d'actions à mettre en oeuvre.

Trois seuils ont été déterminés. Le premier, le seuil de vigilance, correspond à une phase de sensibilisation des employés par les exploitants. Le second, le seuil d'alerte, correspond à l'interdiction d'arroser les pelouses et de nettoyer les véhicules, à la vérification du bon fonctionnement des équipements de traitement des effluents et à la réalisation d'un programme de réduction de la consommation d'eau de 10% si possible. Le seuil d'alerte renforcée doit amener à la mise en oeuvre du programme de production modifié et l'interdiction de tout rejet en cas de défaillance des dispositifs de traitement des effluents.

La réglementation demande également aux exploitants concernés l'élaboration d'une étude détaillée des activités nécessitant de l'eau, avec une différenciation entre les usages vitaux pour l'installation et les secteurs sur lesquels ils peuvent faire des économies. Cette analyse peut permettre aux industriels de dépasser les mesures sécheresses réglementaires ponctuelles  pour des mesures permanentes de diminution des consommations. Toutes les études n'ont pas encore été remises, pour l'Ile-de-France, seulement un tiers des dossiers est arrivé sur le bureau de la Drire depuis le début du plan en 2004. Toutefois, les échéances ont été échelonnées jusqu'en septembre 2005.

En fait, pour certaines ICPE comme les blanchisseries, les analyses de consommation et les actions pour réduire la consommation d'eau ne sont pas difficiles à mettre en place car elles peuvent facilement relever et chiffrer leurs coûts d'utilisation de l'eau, de lessive, d'énergie et de redevance pour la pollution. «Cela peut même induire des bénéfices économiques:si les blanchisseries essaient d'optimiser les trois premiers postes, cela va avoir un effet de baisse de la redevance. Mais ce n'est pas le cas pour toutes les ICPE», poursuit Karoly Vizy. Dans le cas de la suppression d'un système de refroidissement en circuit ouvert pour un système en circuit fermé, l'exploitant réalise des économies d'eau de refroidissement mais augmente sa facture d'électricité.

Néanmoins, pour les exploitants d'autres ICPE comme les industries traditionnelles,  les solutions sont plus difficiles à mettre en oeuvre: leur ancienneté rime souvent avec diversité des sources de prélèvement et donc une difficulté pour bien appréhender les opportunités d'optimisation. Actuellement, la région parisienne n'est pas encore touchée par des restrictions d'eau même si la vigilance est de mise, notamment dans le département de Seine-et-Marne qui compte de nombreuses rivières avec de faibles débits et des industries anciennes fortement consommatrices d'eau.




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