Les hôpitaux malades de leur gaspillage alimentaire

Le 16 octobre 2018 par Stéphanie Senet
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Les hôpitaux parisiens jettent 4.000 tonnes d'aliments par an
Les hôpitaux parisiens jettent 4.000 tonnes d'aliments par an

A l’occasion de la journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire, ce 16 octobre, les hôpitaux de Paris ont présenté leur expérimentation de dons alimentaires à des associations caritatives.

Moins connu que celui des foyers et des cantines, le gaspillage alimentaire des hôpitaux se porte pourtant bien. Il s’élève à 170 grammes par personne et par repas contre 115 g dans les cantines scolaires , selon une étude publiée ce 16 octobre par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) .

 

En pointe, le centre hospitalier d’Avignon a réussi à diviser son gaspillage alimentaire par 10 en moins de 10 ans. Sa recette? Un nouveau logiciel informatique permettant de rapprocher les dates de commande et de production, ainsi que l’introduction de produits frais et fait-maison dans les menus. Résultat: il jette aujourd’hui 9.000 barquettes par an. Contre 90.000 en 2011.

4.000 tonnes d’aliments jetés à Paris

A ce rythme, les hôpitaux de Paris jettent à eux seuls 4.000 tonnes d’aliments par an. Pour les récupérer, les associations caritatives devront toutefois surmonter plusieurs obstacles, comme le révèle l’expérimentation de trois mois lancée le 17 septembre au sein des hôpitaux de Cochin et La Pitié-Salpêtrière.

Dans ces deux hôpitaux, l’équivalent de 130 éléments de repas non consommés par jour ont été identifiés lors de la phase de diagnostic, organisée en juin dernier. Ils sont désormais donnés aux associations Entraide et Partage et les Restos du Cœur, avec l’aide de la start-up Eqosphere, qui aide entreprises et organisations publiques à réduire leur gâchis alimentaire depuis 2012.

 

«Pas de repas complets»

Avant la conclusion du test, prévue pour décembre, l’AP-HP  affirme d’ores et déjà donner l’équivalent de 50 portions alimentaires par jour. Mais la quantité ne fait pas toujours la qualité. Le week-end dernier, les Restos du Cœur sont repartis avec trois caisses de denrées, contenant une centaine de portions de chou-fleur pour seulement une dizaine de parts de volaille. «Cela ne nous fait pas des repas complets», regrette Françoise Haouzi, représentante de l’association.

 

Décalage horaire

Autre problème: les denrées ne peuvent être récupérées qu’en fin d’après-midi. Temps de transport et de réchauffe obligent, elles ne peuvent pas être servies le soir à 20 heures. Elles sont donc actuellement orientées exclusivement vers de petits centres disposant de fours à micro-ondes. Autant d’obstacles qui devront être surmontés avant une éventuelle généralisation du don alimentaire à tous les hôpitaux parisiens. 



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