Les herbiers soignent nos littoraux

Le 17 février 2017 par Romain Loury
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Les herbiers protègent aussi les coraux
Les herbiers protègent aussi les coraux
Margaux Hein

Les herbiers marins, qui disparaissent à grande vitesse des littoraux mondiaux, protègent l’homme et la faune des microorganismes pathogènes, révèle une étude publiée vendredi 18 février dans Science

Comme les récifs coralliens, les prairies sous-marines sont fortement menacées: depuis 1990, on estime que leur surface mondiale décroît chaque année de 7%. Ce qui constitue une mauvaise nouvelle pour le climat, alors que ces écosystèmes constituent un stock massif de carbone, probablement deux fois supérieur aux forêts, pour une surface comparable.

Or les herbiers ont une vertu jusqu’alors peu connue, celle d’assainir l’eau: primo, ils produisent de nombreuses substances biocides, actives contre de nombreux pathogènes; deuxio, ils abritent de nombreux espèces filtrant l’eau, dont les bivalves et les éponges; tertio, ils stabilisent les sédiments, empêchant les microbes qui s’y nichent de se répandre dans l’eau.

Moins de bactéries pathogènes

Ces bienfaits sont loin d’être négligeables, comme le révèle l’étude menée par l’équipe de Drew Harvell, écologue à l’université Cornell (Etat de New York). Les chercheurs se sont intéressés aux îles de l’archipel de Spermonde, au sud-ouest de l’île Célèbes (Indonésie), où ils ont analysé la qualité de l’eau marine en fonction de la présence d’herbiers.

Premier constat: lorsque les herbiers sont là, les bactéries Enterococcus, responsables de maladies intestinales chez l’homme, sont trois fois moins abondantes. Les chercheurs montrent des effets similaires pour les bactéries responsables des maladies chez les poissons et les invertébrés marins, avec une baisse de 50% en présence d’herbiers.

Des coraux plus sains

Ils sont aussi profitables aux récifs coralliens: lorsqu’ils sont implantés à leur proximité, les coraux souffrent deux fois moins souvent de maladies, dont le syndrome de blanchissement et la maladie des bandes noires, en partie responsables de leur érosion mondiale.

«Les prairies sous-marines réduisent de manière considérable la présence de bactéries, et profitent aussi bien à l’homme qu’à d’autres organismes présent dans l’environnement», commentent les chercheurs. «Présents sur tous les continents, excepté l’Antarctique, ils sont aussi précieux pour le cycle des nutriments, la stabilisation des sédiments, le stockage du carbone et en tant que nurseries pour les poissons», ajoutent-ils.



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