Les habitants de Viviez dans l’Aveyron contaminés au cadmium

Le 09 septembre 2011 par Geneviève De Lacour
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150 années de sidérurgie et d'exploitation des mines de charbon laissent des traces. Une vingtaine d'habitants d'un petit village de l'Aveyron en font le constat. Tous souffrent d'atteinte rénale due à la contamination de leur environnement, indique une étude de l’Institut national de veille sanitaire (InVS) rendue publique jeudi 8 septembre.

Dans cette petite commune de 1.500 habitants située dans l'ancien bassin houiller de Decazeville, les habitants ont été exposés pendant des décennies au plomb, au cadmium et à l’arsenic utilisés dans les industries de la région. A Viviez, village qui abritait également une fonderie de zinc, les dernières mines ont fermé en 2000.

En 2008, à la demande des services de la Direction départementale des affaires sanitaires et sociale (Ddass), des prélèvements de sol ont été réalisés sur de nombreux points de la commune de Viviez et du hameau du Crouzet afin de connaître les niveaux de contamination des sols de ces 2 communes.

Et le résultat est sans appel. Les concentrations moyennes de cadmium dans les sols sont 20 fois supérieures à Viviez qu'à Montbazens -commune proche mais non polluée, dont les habitants ont servi de population témoin pour l'étude- 5 fois pour le plomb et 3 fois pour l'arsenic.

Outre les sols, la pollution se retrouve dans les végétaux ainsi que dans l'eau de puits et les cours d'eau (l'eau du robinet n'étant pas touchée).«Des concentrations trop importantes de plomb, de cadmium et d’arsenic ont été trouvées dans des légumes cultivés sur place», précise le document de l’InVS.

L’administration a donc rapidement suspecté que la contamination des sols pourrait avoir un impact sur la santé de la population. Mais si les sols ou les eaux ont été pollués à l'arsenic, au cadmium et au plomb, seules des répercussions sanitaires dues au cadmium ont été décelées.

Une étude à laquelle ont participé 692 habitants en 2008 montre que parmi les adultes n'ayant jamais été exposés au cadmium au cours de leur vie professionnelle, 22% présentent à cause de leur environnement une imprégnation excessive à ce métal lourd pouvant entraîner des atteintes rénales.
«19 d'entre eux présentent effectivement de telles atteintes», indique la synthèse des résultats.

Le Dr Valérie Schwoebel, de l’InVS, qui a réalisé cette étude avec l'Agence régionale de santé (ARS), a précisé que, par atteinte rénale, il ne fallait pas entendre une pathologie spécifique, mais un dérèglement rénal qui n'est pas forcément accompagnés de symptômes. «Le dépistage est d'autant plus important qu'il y a un risque d'altération du fonctionnement du rein», a-t-elle commenté.

De son coté, la sous-préfète de Villefranche-de-Rouergue, Christine Royer, a expliqué le pourquoi d'une telle étude: «On a une réalité de sols pollués. Il s'agit de suivre l'étape post-industrielle. On n'abandonne pas les populations sans essayer de voir s'il y a eu des effets pervers à cette exploitation minière et sidérurgique».

Aucun cas de saturnisme (contamination par le plomb) n'a été dépisté. Quant aux niveaux d'imprégnation à l'arsenic, ils sont proches de la population générale française et ne constituent pas une préoccupation sanitaire.

Dans la foulée de cette étude, présentée aux habitants au cours d'une réunion publique qui s’est tenue dans la soirée du 8 septembre, l'ARS va définir un plan d'action quinquennal portant sur la poursuite des dépistages et des contrôles de cadmiurie (taux de cadmium dans le sang) et une surveillance médicale des personnes particulièrement imprégnées.

Pour sa part, l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) doit identifier les zones polluées et proposer des solutions de traitement d'ici la fin du premier semestre 2012.

 


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