Les grenouilles moins fécondes après un hiver doux

Le 02 octobre 2014 par Romain Loury
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Plus tôt, c'est moins d'oeufs
Plus tôt, c'est moins d'oeufs
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Avec le réchauffement climatique, les grenouilles pourraient se mettre à pondre moins d’œufs, révèle une étude américaine publiée dans la revue Global Change Biology. De quoi fragiliser encore plus ces animaux, qui subissent un déclin mondial.

Observé dans le monde entier, le déclin des populations d’amphibiens affecte 59% des espèces européennes, et 23% sont menacées d’extinction, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Parmi les causes avancées, la pollution chimique, la destruction de l’habitat, les rayons ultraviolets, des pathogènes et le réchauffement.

Celui-ci pourrait en effet fortement diminuer la fécondité des grenouilles, selon l’étude menée sur le terrain par le biologiste Michael Benard, de la Case Western Reserve University à Cleveland (Ohio). De 2006 à 2012, le chercheur a analysé des centaines de grenouilles des bois (Rana sylvatica), strictement nord-américaine, et leurs couvées d’œufs.

Suite à un hiver doux, l’animal se réveille plus tôt de son hibernation, et se reproduit plus précocement: 4,2 jours plus tôt à chaque fois que la température moyenne hivernale s’élève de 1°C. Or sa couvée se fait aussi plus petite, avec 3,3% d’œufs en moins par degré de plus, «probablement en raison d’une plus grande dépense énergétique lors des hivers plus chauds», explique Michael Benard.

Le réchauffement aurait aussi un effet sur le développement: une fois l’œuf éclos, la jeune grenouille reste plus longtemps têtard après un hiver doux, à raison de 2 jours de plus pour chaque degré Celsius supplémentaire. Ce phénomène s’expliquerait par des eaux plus froides lorsque l’hiver s’achève tôt, ce qui ralentirait la métamorphose.

Seul point positif, la température hivernale ne semble avoir aucun effet sur la survie des œufs et des têtards. Un résultat à confirmer, reconnaît Michael Benard: d’autres travaux ont au contraire montré que les jeunes grenouilles nées plus tôt, donc disposant d’un été plus long, étaient mieux aguerries lorsque le froid revenait.



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