Les grands requins disparaissent le long des côtes australiennes

Le 14 décembre 2018 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
La population du grand requin-marteau s'est effondrée de 92% en 50 ans au large de l'Australie
La population du grand requin-marteau s'est effondrée de 92% en 50 ans au large de l'Australie

Les populations de grands requins se sont effondrées au cours des 50 dernières années dans les zones côtières australiennes à cause de la surpêche, selon une étude publiée le 13 décembre dans la revue Communications Biology.

Basée sur les données prélevées par le programme de contrôle des requins du Queensland[1] (Australie), cette étude révèle une chute de 74 à 92% des populations des superprédateurs (requins-marteaux, requins-tigres et grands requins blancs), situés au sommet de la chaîne alimentaire. Une mauvaise nouvelle dans la mesure où ils jouent un rôle unique dans les écosystèmes côtiers, s’attaquant aux tortues, dauphins ou dugongs faibles ou blessés, aux baleines mortes, et reliant récifs coralliens, herbiers et écosystèmes côtiers, selon les chercheurs des universités du Queensland et de Griffith.

Requins-marteaux et grands requins blancs en danger

Deux espèces de requins-marteaux sont particulièrement menacées alors qu’elles sont classées comme espèces en danger par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Le Requin-marteau halicorne et le Grand requin-marteau affichent ainsi 92% de déclin entre 1962 et 2016. Le Grand requin blanc régresse dans la même proportion, malgré une interdiction totale de pêche commerciale et de loisirs en vigueur dans le Queensland depuis 20 ans. Le Requin sombre chute pour sa part de 82% et le Requin-tigre de 74%.

Moins de reproduction

Pour les scientifiques, l’essor de la pêche commerciale constitue la cause principale de cette baisse très inquiétante. Par ailleurs, les requins capturés sont de plus en plus petits, signe que leur capacité à se reproduire faiblit. «Si nous attrapons plus de jeunes requins, cela montre qu’il y a moins d’individus reproducteurs et donc qu’ils se reproduisent moins», explique Georges Roff, auteur principal de l’étude. Selon lui, des mesures de protection s’imposent de façon urgente dans les eaux australiennes.

Des engagements à mettre en œuvre

Autre mauvaise nouvelle, un rapport publié le 13 décembre par l’ONG The Ocean Foundation montre que les engagements des Etats en faveur des espèces migratrices sont rarement mis en œuvre. Seuls 28% des 126 pays membres de la CMS[2] respectent en effet leurs obligations prises pour 29 espèces de raies et de requins. Selon ce document, le Requin-taupe bleu et le Requin-taupe petit de l’Atlantique sont au bord de l’effondrement alors que la Cicta[3] a demandé l’arrêt immédiat de leur surpêche en 2017. Même chose pour le Requin-marteau, encore surpexploité dans de nombreuses régions du monde, dont l’Australie (cf. plus haut) et l’Amérique latine.

L’association appelle à établir des limites de capture concrètes, à diffuser les données sur les captures et leur commerce, à investir dans des mesures de protection et à aider les pays en développement à respecter leurs engagements.



[1] Un programme qui enregistre le nombre de requins depuis les années 1960 en s’appuyant sur des captures par filets maillants.

[2] Convention pour la conservation des espèces migratrices

[3] Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique

 



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus