Les grandes tendances énergétiques de l’année 2012

Le 30 juillet 2013 par Marine Jobert
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Le bois-énergie prend ses marques.
Le bois-énergie prend ses marques.
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L’activité économique stagne; la consommation d’énergie aussi. Le Commissariat général au développement durable publie le bilan annuel énergétique de la France. Le point sur les grandes tendances de 2012.

 

Le Commissariat général au développement durable (CGDD) publie en version courte ou longue le bilan énergétique de la France en 2012. Les grandes tendances sont en phase avec l’activité économique: en berne. La consommation finale d’énergie, corrigée des variations climatiques, baisse de 0,7%. Si l’industrie et le secteur tertiaire marquent le pas, les transports restent stables et demeurent le premier secteur consommateur d’énergie, «devant le secteur résidentiel, et loin devant l’industrie, le tertiaire et l’agriculture».

 

Sur le front de l’approvisionnement, le mix de la consommation d’énergie finale[1] reste stable en 2012, à l’exception d’une nette progression, en part relative, des énergies renouvelables thermiques. La production nationale d’énergie primaire se tasse à 136 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep), (-1%), essentiellement à cause d’une disponibilité moindre des centrales nucléaires.

 

La facture énergétique de la France établit en 2012 un nouveau record historique, à près de 69 milliards d'euros (Md€), en raison notamment de la hausse quasi générale du prix des énergies importées.

 

Charbon: la baisse de la consommation continue

+11% de consommation de charbon en 2012. Germinal va-t-il rouvrir un œil? Non, assure le CGDD, car «à plus long terme et en dehors des fluctuations conjoncturelles, la tendance est clairement à la baisse compte tenu du recul de l’industrie nationale, et notamment de la sidérurgie, ainsi que des fermetures de certaines unités de production des centrales à charbon». C’est la demande en charbon dans les centrales électriques (18 térawattheures produits, soit 34% de la production d’électricité thermique classique et 3,3% de la production totale) qui explique cette hausse, qu’il faut mettre en regard des consommations européennes. Car en Allemagne, «plus de 40% de l’électricité provient du lignite et de la houille en 2012, et en Grande-Bretagne, la part du charbon est remontée à 39%», rappelle le CGDD. Prix plus compétitifs que ceux du gaz et baisse des prix du CO2 expliquent cette tendance, que la directive européenne sur les grandes installations à combustion les plus polluantes condamne à l’horizon 2015.

En attendant, la France a importé près de 17 Mt de combustibles minéraux solides (CMS) en 2012 (soit 7% de plus qu’en 2011). Pays d’origine: Etats-Unis (24%), Australie, Colombie, Russie et Afrique du Sud.

 

Pétrole: chute inédite de la consommation

En 2012, la consommation primaire de pétrole et produits pétroliers, corrigée des variations climatiques, a fortement reculé (-4,9%), passant sous la barre des 80 Mtep (78,6 Mtep). «Il s’agit du plus bas niveau jamais observé depuis la disponibilité des séries sur le bilan de l’énergie, en 1970», note le CGDD. La première cause est à rechercher auprès des raffineries (807.000 t de pétrole raffinées en 2012), confrontées à la concurrence des pays émergents en forte croissance et au recul de la demande en produits pétroliers. Les centrales à fioul sont également moins sollicitées, au profit du gaz et du charbon. Les produits pétroliers ne comptent plus que pour 16% de la consommation d’énergie de l’industrie (contre 50% en 1973). La consommation du résidentiel-tertiaire représente 16% de la consommation finale énergétique de produits pétroliers (contre 38% en 1973). Ce sont les transports qui consomment plus de 70% des produits pétroliers (-1,5% en 2012). Sous l’onglet «transports», la consommation se décompose à 14% pour le transport aérien, près de 85% pour le transport routier, le reste étant dû à la navigation intérieure et au transport ferroviaire. Si la consommation des véhicules légers est stable, celle des poids lourds a nettement diminué (-6,4%), car «le transport routier de marchandises est fortement impacté par la crise économique». Enfin, l'incorporation des biocarburants a progressé de plus de 10% en 2012 et participe au recul de la consommation de produits pétroliers.

 

Gaz: domination des contrats à moyen et long terme

Pas de risque de voir fluctuer les prix du gaz à moyen terme: les approvisionnements sur contrats de moyen et long terme représentent 85,4% du total. Mais ils sont en baisse, puisqu’ils représentaient 92,4% du total deux ans plus tôt.

La Norvège reste notre premier fournisseur (38,4% du total des entrées brutes), avant les Pays-Bas, la Russie (+6,2%), l’Algérie (-27% après avoir déjà diminué de 11% en 2011) et le Qatar et le Nigéria (3,7% de nos approvisionnements). «Après avoir presque triplé en 2011, les importations depuis le Qatar (en gaz naturel liquéfié) diminuent d’un tiers», note le CGDD, ce qui peut expliquer le fort recul (-33%) des déchargements de GNL dans les ports méthaniers, au profit du transport par gazoduc (+7,4% et les quatre cinquièmes des entrées en 2012).

 

Le bois-énergie décolle

Le bois-énergie commence à trouver un rythme de croisière. «Après avoir enregistré une très forte baisse en 2011 liée notamment à un hiver particulièrement clément, sa consommation réelle -non corrigée des variations climatiques- a affiché une remontée sensible pour 2012 (+15,8%)». La vente des appareils de chauffage au bois, qui progressent de façon continue, assoit la tendance (490.000 appareils estimés en 2012, avec plus de 300.000 poêles à bois déjà vendus).

 

La facture énergétique moyenne des ménages augmente de près de 200 euros

La facture annuelle s’élève à 3.200 € en moyenne par ménage (+6% par rapport à 2011). Moitié moindre que les deux années précédentes (+5,2% en 2012), la hausse reste deux fois et demie supérieure à l’évolution générale des prix. La faute aux dépenses d’énergie dans le logement (chauffage, eau chaude sanitaire, cuisson, usages électriques, +11%); des températures légèrement moins clémentes qu’en 2011; la hausse du prix des carburants (qui représentent 1.500 € par ménage).

 

 

 

Enfin, la Direction générale de l’énergie et du climat publie aussi un «Panorama énergies-climat», qui synthétise en fiches thématiques les grands enjeux des politiques énergétiques et climatiques françaises, «de l’industrie du raffinage au potentiel offert par les énergies marines renouvelables, en passant par les réseaux de chaleur ou la production d’électricité».

Réseaux d’infrastructures, formation des prix de l’énergie ou dispositifs de soutien aux énergies renouvelables… certaines subtilités propres au secteur sont expliquées.

 

 



[1] Le «mix» énergétique primaire de la France est stable depuis le milieu des années 2000, avec environ 40 à 45% d’électricité primaire, environ 30% de pétrole, moitié moins de gaz, autour de 6% de renouvelables thermiques et déchets, et de 4% de charbon. En 2012, les principaux phénomènes notables ont été la légère poussée des énergies renouvelables thermiques et de la valorisation des déchets, au détriment du pétrole et du gaz naturel.

 

 

 



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