Les grandes compagnies agroalimentaires ne prennent pas l’eau… en compte

Le 11 mai 2015 par Aude Massiot
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Gouttes d'eau
Gouttes d'eau
John 'K'

 

Malgré les tensions croissantes sur l‘approvisionnement, peu de multinationales de l’agroalimentaire prennent en considération les risques liés au manque d’eau dans leur plan de développement. 

Publiée le 7 mai, l’étude Feeding ourselves thisty du groupe de réflexion Ceres a noté -sur 100-, 37 des plus grosses entreprises de l’agroalimentaire en fonction de leur gestion de l’eau. Le groupe Unilever arrive en haut du podium avec 70 points, suivi de Coca-Cola (67 pts) et Nestlé (64 pts). En dernière position, on trouve le vendeur de boissons énergisantes Monster Beverage et le producteur d’aliments emballés Pinnacle Foods, avec seulement un point chacun.

Une majorité reste à la traîne

L’étude montre surtout que la grande majorité des entreprises du secteur ne prennent pas réellement en considération, dans leur stratégie, les dangers liés au manque d’eau. Les deux tiers d’entre elles obtiennent une note inférieure à 30. Le risque est pourtant bien identifié.

A l’opposé, les groupes les plus avancés font montre d’originalité. Unilever et Nestlé utilisent un «prix-fantôme» de l’eau pour analyser leurs retours sur investissements: outre le prix de l’eau douce sur le marché, ce prix prend en compte le coût environnemental et social de l’exploitation de cette ressource. Coca-Cola, General Mills, Kellogg et Unilever s’obligent à terme à ne plus acheter que des produits issus d’exploitations ayant une gestion de l’eau durable.

Des conséquences déjà importantes

Les risques liés au manque d’eau ont déjà un fort impact sur les activités de ces entreprises. En avril 2015, Coca-Cola a décidé d’arrêter le développement d’une usine de mise en bouteille coûtant 81 millions de dollars (75,5 millions d’euros) dans le sud de l’Inde, en raison de la résistance des fermiers qui craignaient un épuisement des eaux souterraines locales. Cargill, géant fournisseur de services pour l’industrie agroalimentaire, a vu ses profits chuter de 12% au 4e trimestre 2014. La raison: la détérioration des prairies d’élevage de bovins par la sécheresse dans le sud-ouest des Etats-Unis.

Selon l’enquête du Ceres, ces tensions vont se multiplier et se renforcer avec les années. Aujourd’hui, 70% des ressources en eau douce sont utilisées pour irriguer les cultures ou pour l’élevage. Un cinquième de cette eau n’est pas réutilisable.



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