Les graines germées entrent dans le rang

Le 20 mars 2013 par Romain Loury
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 Les graines germées vont faire l’objet d’un contrôle accru.
Les graines germées vont faire l’objet d’un contrôle accru.
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Les graines germées vont faire l’objet d’un contrôle accru à compter du 1er juillet, aussi bien en termes de certification et de traçabilité que de contrôle microbiologique, selon 4 règlements publiés le 12 mars au Journal officiel de l’Union européenne (JOUE).

A l’origine de ces mesures, la grande épidémie d’infections par Escherichia coli survenue en Allemagne mi-2011, qui a fait près de 4.000 victimes, dont 46 décès. Une affaire qui a révélé la forte sensibilité des graines vis-à-vis des pathogènes: lors de la germination en milieu humide, une petite contamination sur les graines peut aboutir à des niveaux élevés de bactéries, d’autant plus dangereuses que ces aliments sont généralement consommés crus.

D’une ampleur inédite en Europe, l’affaire des graines de fenugrec, originaires d’Egypte, a mis en lumière les lacunes du contrôle de ce type d’aliment [JDLE]. Un brouillard qui devrait en partie se dissiper, grâce aux 4 règlements publiés le 12 mars par la Commission européenne, qui s’appliqueront à compter du 1er juillet.

Dès cette date, toute importation, d’un pays tiers vers l’UE, de graines germées ou destinées à la germination devra s’accompagner d’un certificat, dont le modèle est fixé en annexe du règlement n°211/2013. Ce document devra être transmis à tous les intermédiaires, jusqu’au producteur de germes. Quant aux établissements produisant les graines germées, ils devront être agréés selon des critères d’hygiène.

Plus compliqué à mettre en œuvre, le contrôle microbiologique fait l’objet d’un règlement à part, le n°209/2013. Jusqu’alors restreint à la recherche de salmonelles, il est désormais étendu à celle d’E. coli producteurs de shigatoxines, à savoir de sérotypes O157, O26, O111, O103, O145 et O104:4 –ce dernier étant à l’origine de l’épidémie allemande.

Se pose toutefois la question du meilleur moment pour analyser ces pathogènes, salmonelles ou E. coli. D’une part, l’analyse des graines ne permet pas forcément d’identifier une contamination susceptible de s’amplifier pendant la germination. D’autre part, les graines germées se conservant peu longtemps, le temps d’analyse microbiologique est trop long, ce qui complique le retrait du produit. D’où la nécessité, selon la Commission, de poursuivre l’évaluation des risques. A défaut d’une analyse des graines, germées ou non, le texte prévoit la possibilité pour les producteurs de s’en tenir au contrôle des eaux d’irrigation usées.



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