Les glaciers de l’Himalaya n’ont pas tant fondu que ça

Le 09 février 2012 par Geneviève De Lacour
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Quel est l’impact du réchauffement climatique sur la fonte des glaciers himalayens? Une étude du centre de glaciologie de Bristol (Angleterre) vient relancer le débat. Publié mercredi 8 février dans la revue Nature, ce rapport montre que la chaine himalayenne n’a pas perdu de sa couverture de glace au cours des 10 dernières années.

Des résultats qui surprennent la communauté scientifique déstabilisée sur le sujet depuis l’annonce erronée du Giec[1] indiquant dans son 4e rapport, en 2007, que les glaciers de l'Himalaya reculaient plus vite que les autres du monde et «pourraient disparaître d'ici 2035, voire avant», alors qu’il aurait fallu écrire 2350.

Le Giec avait ensuite reconnu qu’il s’agissait d’une coquille, parlant d'«une regrettable erreur provenant de procédures établies qui n'ont pas été correctement suivies».

Aujourd’hui, l’équipe du professeur Jonathan Bamber, directeur du centre de glaciologie de Bristol, confirme la perte en volume de glace au Groenland et en Antarctique, mais pas pour la chaine de montagnes qui s’étend de l’Himalaya au Tianshan, c’est-à-dire à la frontière entre la Chine et le Kirghizstan. Les chercheurs affirment néanmoins que le réchauffement climatique a bien un impact sur les glaciers d’Asie.

Pourquoi ce revirement de position? L’étude s’appuie sur des données satellitaires du programme Grace (Gravity recovery and climate experiment). Il s’agit de deux petits satellites qui voient tout puisqu’ils survolent la terre à basse altitude -500 kilomètres d’altitude contre les 20.000 km des satellites géostationnaires.

Le projet Grace, initié en 2002 et financé par l’agence spatiale américaine (Nasa) et les Allemands, permet de mesurer les faibles variations de gravité à la surface de la terre.

Or, jusqu’à présent, les glaciologues surveillaient l’évolution des quelque 200.000 glaciers de la planète à partir de données de terrain, collectées au niveau des centaines de glaciers situés à basse altitude et équipés d’un système de surveillance. Des terrains d’investigation plus accessibles pour les scientifiques et donc plus souvent inclus dans leurs calculs. Mais ces glaciers de basse altitude sont aussi plus sensibles aux changements climatiques alors que des milliers de langues glaciaires de l’Himalaya sont localisées à des altitudes élevées.

Calculer les volumes d’eau perdus par les glaciers est important pour les scientifiques qui essaient de prévoir la montée du niveau des océans. Ils estiment ainsi que 443 à 629 milliards de tonnes d’eau provenant de la fonte des glaciers participent à l’augmentation du niveau des océans, de 1,5 millimètre chaque année. Les derniers résultats de l’équipe de Bristol ne devraient donc pas changer les prédictions faites, estimant une augmentation de 5 centimètres du niveau des mers d’ici 2100. Certains scientifiques prévoyaient une augmentation de 50 cm, voire 1 mètre, pour des scénarios de totale disparition des glaces himalayennes.

Mais les batteries des satellites montrent déjà des signes de faiblesse. Une mission de remplacement a été approuvée par les Américains et l’agence spatiale allemande et devrait être lancée en 2016. Elle permettra de continuer à surveiller le Toit du monde et prévoir la montée des eaux.

 

 



[1] Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat

 



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